Les pourparlers de paix sur la Syrie s'annoncent difficiles

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L'AVENIR DE BACHAR AL ASSAD, POINT D'ACHOPPEMENT DES DISCUSSIONS SUR LA SYRIE
L'AVENIR DE BACHAR AL ASSAD, POINT D'ACHOPPEMENT DES DISCUSSIONS SUR LA SYRIE

par Tom Perry et Suleiman Al-Khalidi

BEYROUTH/GENEVE (Reuters) - Les négociations de paix syriennes censées s'ouvrir ce lundi à Genève s'annoncent ardues étant donné que les deux parties ne semblent guère prêtes à faire le moindre compromis sur une question au coeur du conflit qui fait rage depuis cinq ans dans le pays : l'avenir du président Bachar al Assad.

Les pourparlers, organisées sous l'égide des Nations Unies avec le soutien des Etats-Unis et de la Russie, constituent la vraie première tentative diplomatique de mettre un terme au conflit depuis que Moscou a lancé en septembre sa campagne de frappes aériennes dans le pays, intervention qui a remis les forces gouvernementales en selle sur le champ de bataille.

Au moment où le conflit syrien devrait entrer cette semaine dans sa sixième année, les Etats occidentaux semblent plus déterminés qu'auparavant à mettre un terme à une guerre qui a conduit des centaines de milliers de réfugiés à fuir vers l'Europe tout en donnant lieu à la montée en puissance de l'Etat islamique.

Si la récente coopération entre les Etats-Unis et la Russie ont permis à la fois de diminuer le niveau de violence ces dernières semaines, à la faveur notamment d'un accord de cessation des hostilités entré en vigueur le 27 février, et d'ouvrir la voie aux discussions prévues à Genève, les positions du gouvernement et de l'opposition semblent laisser peu de place à un règlement négocié.

Suggérant une nouvelle aggravation du conflit en cas d'absence de progrès de la diplomatie, le ministère de la Défense russe a déclaré que les rebelles avaient eu recours à un missile anti-aérien pour abattre samedi un avion de l'armée de l'air syrienne.

Les rebelles ont affirmé que l'avion avait été abattu avec des fusils anti-aériens et non pas à l'aide de missiles. L'opposition combattante réclame pourtant de tels armes mais l'Occident est réticente de lui livrer ce type d'équipements, en raison de la menacé qu'ils feraient peser sur l'aviation civile s'ils devaient échoir entre les mains de militants islamistes.

LES USA ET LA FRANCE CONDAMNENT LA "PROVOCATION" DE DAMAS

Preuve que le gouvernement syrien se voit en position de force, le ministre des Affaires étrangères Walid al Moualem, a souligné samedi que l'opposition se faisait des "illusions" si elle pensait pouvoir mettre sur la table à Genève l'avenir du président Assad.

Le Haut Conseil des négociations (HCN), principale coalition de l'opposition, a aussitôt accusé Damas de torpiller ainsi les discussions avant même qu'elles ne commencent.

Les Etats-Unis et la France ont qualifié dimanche de "provocation" les déclarations du gouvernement syrien avant la reprise des négociations de paix lundi à Genève.

La Russie et l'Iran, alliées du président syrien Bachar al Assad, auront à démontrer que le gouvernement de Damas est prêt à respecter ses engagements, ont précisé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et le secrétaire d'Etat américain John Kerry, à l'issue d'une réunion à Paris sur la Syrie.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le Front al Nosra, représentant d'Al Qaïda en Syrie, s'est emparé à la faveur de combats dans le nord-ouest de la Syrie de bases et d'armes du groupe Division 13, soutenu par l'Occident, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Al Nosra, ainsi que l'Etat islamique, ne sont pas concernés par l'accord russo-américain de "cessation des hostilités" en Syrie.

(Avec la contribution de Dominic Evans à Beyrouth, Alexander Winning à Moscou, John Irish à Paris et Tom Miles à Genève, Benoît Van Overstraeten pour le service français)

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