Les pièces de 1 centime d'euro vont-elles voir leur cote décoller ?

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Le renoncement de plusieurs pays à mettre en circulation la pièce de 1 centime va entraîner de fait sa raréfaction dans l'Union européenne. Certains détenteurs de pièces retirées imaginent que leur valeur pourrait grimper. Qu'en est-il ?

Ils sont maintenant quatre pays à renoncer à utiliser les pièces de 1 et 2 centimes d'euros. Depuis le 28 octobre, l'Irlande a décidé de ne plus mettre en circulation ces deux pièces de monnaies, dont le coût de production s'avère supérieur à la valeur faciale. Le pays rejoint ainsi la Belgique, la Finlande et les Pays-Bas au rang des pays où la pièce cuivrée est persona non grata.

Le précédent monégasque

Les conséquences sur l'économie devraient être à peu près inexistantes. Mise à part une inflation mécanique sur les étiquettes qui seront arrondies aux cinq centimes les plus proches, ce sont les pièces elles-mêmes qui vont subir la principale conséquence. Devenant plus rares, leur valeur ne deviendra plus uniquement faciale. Elles pourraient donc voir leur valeur réelle monter, et être l'objet de convoitises de numismates et collectionneurs en tout genre.

Ceux qui pensent en effet que les pièces de 1 centime estampillées belges, danoises, hongroises ou irlandaises vont voir leur valeur décoller ont dans le collimateur un exemple de l'inflation d'une pièce plus encombrante qu'utile: Monaco. La Principauté, bien que n'étant pas membre de la zone euro, a été autorisée grâce à des accords bilatéraux à adopter l'euro et même à avoir des pièces frappées à ses emblèmes (comme d'ailleurs Andorre, Saint-Marin et le Vatican). Or les premières pièces de 1 centime frappées par le micro-Etat en 2001 et 2002 s'échangent sur le marché aux alentours de 50 euros l'unité,. Un chiffre qui peut sembler modeste de prime abord. Mais cela reste quand même une valeur d'achat sur le marché…5000 fois supérieure à la valeur faciale. Leur cote devrait encore s'accroître avec le temps, l'ensemble des «petites pièces» monégasques du début des années 2000 affichant de belles cotations.

Le retrait oui, la rareté non

Mais l'analyse des professionnels est formelle: ceux qui envisagent que les pièces de 1 centime des pays qui l'ont bannie pourraient à défaut de les enrichir leur payer un bon restaurant risquent d'attendre longtemps… Comme l'explique au Figaro Michaël Creusy, numismate à Lyon et secrétaire général du SNENNP le syndicat des professionnels du secteur, le tirage massif de ces pièces à leur lancement ne laisse aucun espoir. «Le seul facteur qui fait la valeur d'une pièce c'est la rareté. Même l'ancienneté ne joue pas réellement. Or, dans le cas des pièces de 1 centime, on parle de volume de plusieurs centaines de millions de pièces. Pour qu'elles deviennent vraiment rares , il faudrait que leurs détenteurs les ramènent dans les banques centrales. Personne ne le fera pour des pièces de 1 centime. Et comme les gens savent qu'elles ne sont plus battues, ils sont tentés de les garder en espérant que leur valeur monte… ce qui ôte toute possibilité que cela arrive un jour, puisqu'elles ne deviennent ainsi jamais rares!»

Si les pièces de Monaco atteignent de tels montants, c'est largement plus le fait d'une stratégie pensée et voulue de tirage restreint. Une approche évidement étrangère à des pays de l'UE dont la population se compte en plusieurs millions d'habitants. «Beaucoup de gens ont gardé, en pensant qu'ils prendraient de la valeur, des billets de 500 francs, les fameux ‘Pascal', qui valaient 75 euros quand on le ramenait à la Banque de France. Résultat: il y en a aujourd'hui une profusion, et ce n'est absolument pas un billet rare. Nous les rachetons nous-même… 3 euros».

Le numismate professionnel l'annonce d'ailleurs clairement: hormis quelques tirages spéciaux sans publicité particulière (idéalement de 10.000 à 20.000 exemplaires), il n'y a peu de chance que l'on puisse détenir une pièce en circulation de son vivant, qui prenne de la valeur lorsqu'elle est retirée. Leur prix d'échange risque fort d'être dérisoire, même avec les années, comme confirme Michaël Creusy: «Hormis quelques rares exceptions, comme la pièce de 5 francs de 1959, les monnaies du XXe siècle ont une cote très faible». La preuve? Ce professionnel reconnaît en vendre encore parfois... au kilo!

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