Les petites forêts se vendent mieux que les grands massifs

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L'an dernier, 85% des ventes de forêts en France ont concerné des massifs de moins de 10 hectares. Les transactions des forêts de plus de 100 hectares sont, elles, en baisse de 30%.

En 2013, le nombre des transactions des petits massifs forestiers a atteint un record en France. Selon le dernier rapport sur le marché des forêts, édité conjointement par la FnSafer et la Caisse des Dépôts, «85% des 14.700 transactions de forêts en France en 2013 ont porté sur des petites surfaces forestières», c'est à dire comprises entre 1 et 10 hectares. Une évolution liée à la hausse du coût de l'énergie dans un contexte de crise économique. «La recherche de bois de chauffage par les habitants des zones rurales qui veulent se prémunir contre la hausse des prix de l'énergie explique ce phénomène», indique Robert Levesque, de Terres d'Europe-Scafr, bureau d'étude de la FNSafer.

A l'inverse, le nombre de ventes de grandes forêts de plus de 100 hectares a chuté de 30%. «Il n'y a eu que 90 transactions de ce type en 2013, le chiffre le plus bas depuis huit ans, note Michel de Warren, directeur de l'investissement et de la Gestion Privée à la Société forestière, filiale de la Caisse des Dépôts. Les propriétaires, accordent une valeur refuge à leurs forêts et préfèrent conserver leurs biens dans l'attente d'un contexte plus favorable. Sans parler de la valeur émotionnelle de ce type de bien».

Sous la barre du milliard d'euros

L'attrait pour les petites surfaces a fait grimper le prix moyen à l'hectare de 1,6% sur la période, à 3990 euros. Une moyenne qui peut varier de 600 à 11.000 euros l'hectare, mais qui peut atteindre jusqu'à 20.000 euros l'hectare pour des biens recherchés. Les forêts les plus chères se trouvent dans la moitié Nord du pays, en particulier en Sologne, Champagne et Bourgogne. Les forêts d'Aquitaine, les moins onéreuses (2500 euros l'hectare en moyenne), ont souffert de la tempête Klaus en 2009.

Concernant le profil des acheteurs de forêts, les personnes physiques, notamment les agriculteurs, demeurent les plus actives. Toutefois la part des personnes morales augmente: elle est passée de 31% en 2005 à 41% en 2013 pour les grands massifs, avec «de plus en plus d'institutions financières, banques et assurances», constate Michel de Warren.

«La forêt demeure un actif de référence, contra-cyclique, rassurant en fonds de portefeuille pour ce type d'investisseurs», explique Gilles Seigle, Pdg de la Société forestière d'autant plus qu'il existe «une volonté politique de développer la filière bois», ajoute-t-il. Il reste que, globalement le chiffre d'affaires des ventes de forêts en France est repassé sous la barre du milliard d'euros l'année dernière, à 950 millions.

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  • lorant21 le vendredi 23 mai 2014 à 13:50

    Et les 2 pièces que les chateaux..