Les parents prêts à tout sacrifier pour assurer l'avenir de leurs enfants ?

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Dans le monde, une majorité de parents est prête à épargner et même à s'endetter pour payer les études de leurs enfants, mais les parents français agissent différemment.
Dans le monde, une majorité de parents est prête à épargner et même à s'endetter pour payer les études de leurs enfants, mais les parents français agissent différemment.

La France se distingue du reste du monde dans le rapport qu’entretiennent les parents vis-à-vis des études de leurs enfants, selon une étude d’Ipsos pour HSBC. Le plus faible coût des études en France par rapport aux autres pays du monde y joue probablement pour quelque chose.

« 60% des parents dans le monde sont prêts à s’endetter pour financer les études supérieures de leurs enfants », contre seulement 46% en France, observe HSBC dans son dernier rapport « Construire pour l’avenir » diffusé mercredi 8 juin.

Egoïstes, les parents français ? Pas du tout ! « 70% des parents français interrogés estiment que financer l’éducation de leurs enfants est plus important que d’épargner pour leur propre retraite alors que la moyenne mondiale se situe à 49% » relève également l’étude.

Les Français peuvent se permettre d’épargner moins pour les études de leurs enfants

La raison de cet écart est plutôt à chercher du côté du coût des études, généralement moins élevé en France que dans les autres pays « avancés ».

« A l'échelle mondiale, il y a une grande disparité de coût des études entre les pays : le coût moyen des études supérieures s'échelonne de 18.360 USD aux Emirats-Arabes-Unis à 1.210 USD en Egypte ; 5.465 USD (4.924 EUR) pour la France » par année scolaire, relève ainsi HSBC.

Pour cette raison, la pression qui pèse sur le portefeuille des parents français semble nettement plus faible que dans le reste du monde : « Le Mexique (39%) et la France (43%) sont les pays où les parents épargnent le moins pour financer l’éducation de leurs enfants », remarque l’étude de HSBC. La moyenne mondiale est quant à elle située à 67% d'après l'étude, le chiffre étant tiré à la hausse par les pays d'Asie du Sud-Est (Inde : 87%, Indonésie : 90%) et proche de la moyenne des Etats-Unis (65%).

Par ailleurs, de manière intéressante, HSBC soulève qu’à l’échelle mondiale « Les jeunes parents issus de la génération Y sont plus prévoyants que leurs aînés. En effet, 79% des jeunes parents âgés de 34 ans ou moins commencent à planifier le financement de l’éducation de leurs enfants avant que ceux-ci ne rentrent à l’école primaire. Cette proportion descend à 52% pour les parents issus des générations antérieures ».

Les parents français préfèrent que leurs enfants étudient ce qui leur plaît

La France se distingue également des autres pays du monde dans l’ordre des priorités que les parents associent aux études de leurs enfants.

« Dans le monde, les parents estiment que ce qui doit guider leurs enfants dans leur choix d’études est lié aux perspectives de carrière avec en première position le salaire (35%) et en seconde position la sécurité de l’emploi (34%) » observe l’étude. A contrario « Les parents français se distinguent radicalement et considèrent que l’orientation de leurs enfants doit principalement être guidée par leur idéal de carrière (42%) ».

Les résultats de l’enquête correspondent à l’idée selon laquelle le système éducatif français aurait tendance à pousser ses élèves à « étudier le domaine qui les intéresse » sans réelle prise en compte des débouchés professionnels et des salaires associés, tandis que l’éducation anglo-saxone aurait davantage tendance à pousser ses meilleurs élèves vers des métiers rémunérateurs au risque d’un épanouissement personnel parfois plus restreint.

Malgré ces divergences, « Le métier plébiscité par les parents dans le monde et en France lorsqu'ils projettent une carrière professionnelle pour leurs enfants est la médecine (16%) suivie par l'ingénierie et l'informatique », remarque enfin HSBC.

Le rapport 2016 « Construire pour l’avenir » dont sont issus les données citées dans cet article a été réalisée par Ipsos via Internet en mars/avril 2016 pour le compte de HSBC auprès de 6.241 parents issus de 15 pays du monde, dont 438 en France.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • gnapi il y a 6 mois

    Nos chantre de l'égalité ont, en toute conscience, réduit fortement les crédits pour l'apprentissage et supprimer les bourses au mérite. Sans qu'aucun média ne pointe du doigt ce manque de cohérence avec leurs discours.

  • gnapi il y a 6 mois

    Il n'est pas dit que NVB comprenne toute la portée de ce qu'elle met en œuvre. Elle ne fait que poursuivre la réforme révolutionnaire de ses prédécesseurs. Le fruit étant plus mûr, ce n'est que plus visible.

  • gnapi il y a 6 mois

    Tout sacrifier ne sera peut être pas suffisant tant le projet est bien ficelé et fort avancé.Entre autre, après les prises de positions de Laurent Lafforgue ou SOS education :https://www.youtube.com/watch?v=nnyRBHvCNq8

  • umrk il y a 6 mois

    Nous formons d'excellents ingénieurs, d'excellents médecins, etc ... hélas nous formons également des parasites comme les énarques, qui ruinent toutes nos chances ......

  • d.e.s.t. il y a 6 mois

    Il faut déjà les protéger de l'Education au rabais de NVB!

  • M7403983 il y a 6 mois

    médecine et ingénierie : c'est déjà cela de pris dans cette étude .