Les océans se réchauffent fortement, selon une étude américaine

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UNE ÉTUDE MONTRE UNE AGGRAVATION DU RÉCHAUFFEMENT DU CLIMAT
UNE ÉTUDE MONTRE UNE AGGRAVATION DU RÉCHAUFFEMENT DU CLIMAT

OSLO (Reuters) - La quantité de chaleur absorbée par les océans du globe a fortement augmenté au cours des 20 dernières années, signe d'une aggravation du réchauffement du climat de la planète malgré le ralentissement de la hausse des températures constaté jusqu'à récemment sur les terres, montre une étude américaine rendue publique lundi dans la revue scientifique Nature Climate Change.

La tendance au réchauffement des eaux des océans déplace les stocks de poissons vers les pôles, détériore les récifs coralliens et fait monter le niveau des mers, car l'eau se dilate à mesure que sa température augmente.

L'étude, qui porte sur la température des océans jusqu'à plus de 2.000 mètres de profondeur, conclut que "la moitié de la chaleur captée par les océans depuis 1865 a été absorbée depuis 1997", l'année 1865 étant retenue comme le début d'un recours de plus en plus important aux combustibles fossiles.

Et plus d'un tiers de la hausse de quantité de chaleur absorbée par les océans depuis 1997 se retrouve à des profondeurs supérieures à 700 mètres - une partie des océans qui est rarement étudiée, écrivent les auteurs du rapport.

"Nous nous attendons à ce que les grandes profondeurs océaniques absorbent à l'avenir une quantité accrue de chaleur", écrit dans un courriel à Reuters l'auteur principal de cette étude, Peter Gleckler, du laboratoire LLNL (Lawrence Livermore National Laboratory), installé en Californie, qui dépend du département américain de l'Energie.

L'augmentation de l'absorption de chaleur des océans coïncide avec un ralentissement singulier du rythme de hausse des températures sur les terres depuis la fin des années 1990, alors même que les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter. Ce ralentissement est peut-être révolu maintenant, étant donné les températures moyennes record de 2015 et de 2014.

Les scientifiques estiment qu'il est difficile de juger le rôle de l'absorption de chaleur par les océans dans ce que les climatologues du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) appellent un "hiatus" du réchauffement à la surface des terres.

"Le 'hiatus' est un phénomène de surface. La Terre continue de se réchauffer, et les océans absorbent l'essentiel de cette chaleur", déclare Matt Palmer, climatologue du British Met Office, qui n'a pas pris part à l'étude américaine.

(Alister Doyle; Eric Faye pour le service français)

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