Les habitants de Brive consultés sur les choix budgétaires de leur ville

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Devant la baisse des dotations de l'État aux collectivités et face à la nécessité de faire des économies, la municipalité de Brive va envoyer un questionnaire à ses habitants pour élaborer les contours du budget 2016 de la ville.

Apeine installé, il avait prévenu: «l'ère des maires-batisseurs est révolue. Qu'on le veuille ou non, nous sommes entrés dans celle des élus gestionnaires». Frédéric Soulier, maire UMP de Brive et élu en mars 2014, a décidé de faire un nouveau pas dans le sens de ses promesses. Pour la première fois en France, la municipalité briviste a décidé de consulter ses habitants, via un questionnaire regroupant 50 questions, sur les secteurs qu'ils souhaiteraient alléger pour élaborer le budget 2016 de la commune. Les Brivistes ont jusqu'au 4 juillet pour y répondre. On retrouve dans ce formulaire une série de choix: faut-il favoriser les déplacements à vélo dans la ville? Voulez-vous une ville plus propre? Ou encore, pensez-vous qu'il soit nécessaire d'améliorer l'entretien des chaussées et des trottoirs?

Brive n'a pas échappé au «régime drastique» nécessaire pour faire face à la baisse des dotations de l'État aux collectivités et doit trouver 5 millions d'euros d'ici 2017. Pour compenser, deux solutions existent: augmenter les impôts locaux, comme à Marseille ou à Toulouse, ou diminuer les frais de fonctionnement de la commune. Cette seconde option a été privilégiée par le maire du deuxième pôle économique du Limousin. Frédéric Soulier va, avec ce choix, dans le sens de sa logique gestionnaire qui l'avait poussé à réduire le nombre de ses adjoints de 16 à 12 et l'effectif de ses conseillers délégués de 16 à 8 dès sa prise de fonction. Chaque service municipal a également vu son budget de fonctionnement réduit de 5%.

Une transparence totale sur les dépenses publiques de la ville

D'ici 2017, la baisse des dotations va amputer quelques six millions d'euros à la commune de Brive. «Face à cette perte, on s'est demandé comment la compenser. On s'est attaché pendant la première année de notre mandat à veiller à un certain équilibre budgétaire mais aujourd'hui, on a besoin de 5 millions d'euros d'ici à la fin du quinquennat», raconte Frédéric Soulier, à l'origine de cette action. Il affirme être alors rentré dans une démarche de «transparence totale vis à vis des Brivistes. On ne veut pas fonctionner en petit cénacle mais plutôt faire participer les citoyens en lui montrant ce que chaque dépense publique coûte, et qu'ils nous apportent leurs priorités». Le dossier complet de ces dépenses sera publié dans le magazine local «Brive Magazine» en juin.

Le maire de Brive affirme ne pas «vouloir taper dans l'impôt du contribuable», promesse de campagne oblige, et vouloir ouvrir cette «facture analytique» réalisée en interne pour montrer où «passe l'argent». S'il partage le fond de la critique adressée hier par François Baroin, président de l'Association des maires de France (AMF), à «une mise en coupe réglée par l'État», Frédéric Soulier souhaite mesurer le ton. «On est coupable et responsable de ce qui arrive aujourd'hui. L'enjeu est simple: une réforme profonde doit être engagée pour optimiser les dépenses. C'est l'objectif prioritaire mais le schéma est passionnant à reconstruire» développe l'élu.

François Baroin, ancien ministre du Budget et actuel sénateur-maire UMP de Troyes, confiait hier «une situation difficile (...), chacun doit apporter sa contribution à la réduction des déficits publics, mais dans des proportions qui soient acceptables et tenables». La diminution des subventions versées aux régions, départements et communes, débutée en 2014, doit se poursuivre en 2017 avec une baisse de 11 milliards d'euros prévue d'ici à la fin du quinquennat de François Hollande. Selon Baroin, si la situation restait dans l'état actuel, «plus d'une commune sur deux ne sera plus en situation d'emprunter» d'ici là.

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