Les Français épargnent avant tout pour faire face aux coups durs

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C'est sûrement l'une des conséquences de la crise. L'épargne de précaution représente six mois de salaire, mais les épargnants rêvent d'avoir neuf mois de revenus devant eux.

Le bas de laine des Français a rarement été aussi garni. Le taux d'épargne des ménages représentait l'an dernier près de 16 % du revenu disponible, soit presque autant que les Allemands, champions de l'épargne en Europe. Crise oblige, la majorité des particuliers (58%) épargnent avant tout «pour faire face aux imprévus et aux coups durs», constate une étude d'ING Direct, réalisée par TNS Sofres (*). L'épargne de précaution des personnes interrogées représente en moyenne 6 mois de salaire. Mais, cela n'est pas suffisant à leurs yeux et ils souhaiteraient idéalement disposer de 9 mois de salaire pour voir venir. «C'est beaucoup trop. L'épargne de précaution ne devrait pas représenter plus trois mois de charges mensuelles (le loyer, l'électricité etc..), auxquels on ajoute un mois de charge par enfant à charge», conseille Julien Schahl, responsable de la stratégie des produits d'investissement chez ING Direct.

Près de la moitié des personnes interrogées (49 %) épargnent aussi pour financer un projet de long terme (études des enfants, retraite, immobilier). D'autres, moins nombreux (32 %) mettent de l'argent de côté pour s'offrir des vacances ou des biens de consommation. Enfin, un quart des épargnants, principalement les plus jeunes (25-34 ans), espèrent faire fructifier leur économies.

L'assurance-vie méconnue par les épargnants

C'est sans doute pour cette raison que de plus en plus de personnes sondées (38 % en octobre lorsque l'étude a été réalisée, et sûrement plus aujourd'hui) transfèrent l'épargne placée sur des livrets vers des produits plus rémunérateurs, comme l'assurance-vie. Ce placement, détenu par un tiers des Français, a déjà collecté plus de 4,4 milliards d'euros depuis le début de l'année, alors que dans le même temps, les épargnants ont retiré 1,82 milliard de leur Livret A, qui ne rapporte plus que 1 % net. «L'épargne transférée sur les contrats d'assurance-vie vient aussi et surtout des livrets bancaires non réglementés», précise Julien Schahl. Ces livrets, désormais fiscalisés, rapportent moins que le Livret A (hors périodes promotionnelles de moins en moins fréquentes).

Pour autant, l'assurance-vie reste méconnue par les Français, selon l'étude d'ING Direct. «Ceux qui n'en ont pas pensent que l'épargne est bloquée pendant huit ans, et c'est un véritable handicap pour eux. Mais c'est faux puisqu'on peut retirer des fonds après un an (NDRL: lors des retraits avant quatre ans, les intérêts sont fiscalisés à 35 %, à 15 % entre quatre et huit ans et 7,5 % au delà)», explique Julien Schahl. «Même après la fiscalité, le fonds en euros rapporte davantage que les livrets.»

Fonds actions

Les assurés connaissent mal les supports dans lesquels ils investissent et ne connaissent pas le montant des frais de leurs contrats. «Même s'ils baissent depuis quelques années, les frais d'entrée et de versement s'élèvent à 3,5 % en moyenne, cela représente environ quinze mois d'intérêts», explique Julien Schahl. Ces frais varient beaucoup d'un réseau à l'autre et vont de 1,5 % à 3,5 % en moyenne. Seules les banques en ligne n'en prélèvent pas.

Sûrement un peu déçus par la performance des fonds en euros en 2014 et conquis par la hausse spectaculaire de la Bourse de Paris, les épargnants mettent de plus en plus d'actions dans leurs contrats d'assurance-vie (unités de compte). «35 % des versements sont investis sur des fonds actions, contre 29 % en 2014 et 20 % en 2012. Nous n'avions jamais vu une telle proportion», indique Julien Schahl.

(*) Étude réalisée du 2 au 9 octobre 2014 auprès de 1000 individus ayant entre 18 et 65 ans.

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