Les forces antiterroristes à l'honneur du défilé du 14-Juillet

le
0
LES FORCES ANTITERRORISTES À L'HONNEUR DU DÉFILÉ DU 14-JUILLET
LES FORCES ANTITERRORISTES À L'HONNEUR DU DÉFILÉ DU 14-JUILLET

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - Les militaires de l'opération Sentinelle mise en place après les attentats de janvier et pérennisée depuis pour faire face à une menace terroriste qualifiée de "majeure" seront mis à l'honneur à l'occasion du traditionnel défilé du 14-Juillet.

Plus habitués à évoluer dans l'ombre que dans la lumière des projecteurs, le Raid, le GIGN et la BRI, en première ligne à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes et à l'imprimerie de Dammartin-en-Goële où Amedy Coulibaly et les frères Kouachi ont été abattus, défileront également pour la première fois sur les Champs-Elysées sous le regard de milliers de spectateurs.

"Nous sommes des gens de l'ombre, nous aimons y rester mais eu égard aux évènements de janvier et aux remerciements, nous acceptons bien volontiers cette légère entorse à nos préceptes", explique le commandant Jules, de la brigade de recherche et d'intervention (BRI). "C'est très important pour l'institution et puis nous portons un petit peu sur nos épaules dans cette descente (des Champs-Elysées) nos camarades morts en janvier, Ahmed, Clarissa et Franck. Nous pensons à eux".

Anonymat oblige, les membres de la BRI et du Raid défileront avec casques et lunettes noires. Côté GIGN, seuls les gendarmes qui ne sont plus engagés directement dans les opérations seront à visage découvert. Des consignes ont été données aux médias pour ne pas faire de gros plans sur les visages des membres de ces unités d'élite.

"On est arrivé à pallier la question de l'anonymat mais c'est vrai que c'est quelque chose de relativement nouveau de se retrouver à la lumière tout comme l'ordre serré", dit le commandant Eric, du RAID. "Notre nombre a également été limité : le Raid restant une unité opérationnelle, rien n'est suspendu pendant la durée du défilé."

DÉFILE RACCOURCI

Conséquence de la mobilisation sans précédent de l'armée française sur les théâtres intérieur et extérieur, le défilé sera cette année raccourci d'un quart d'heure et les chars Lerclerc qui ont été déployés en Pologne dans le cadre des mesures de réassurance seront absents.

Les rencontres traditionnellement organisées entre les militaires et la population dans l'après-midi seront également supprimées pour permettre aux militaires de rejoindre le plus rapidement possible leurs garnisons.

Ces mesures sont liées "au surengagement, à la suractivité des hommes" depuis les attentats de Paris qui ont conduit le gouvernement à adapter son dispositif militaire, explique le général Hervé Charpentier, gouverneur militaire de Paris.

Pas question pour autant de parler d'édition 2015 "au rabais" souligne le chef d'Etat-major des armées, le général Pierre de Villiers, qui met en avant la situation sécuritaire.

"Nous avons supprimé les véhicules, dont les chars Leclerc, parce que nos personnels protègent les Français dans les rues de Paris", a-t-il déclaré.

Au total, 3.501 hommes et femmes défileront aux côtés de 208 véhicules, 55 avions, 31 hélicoptères et 237 cavaliers de la Garde républicaine. Quatre-vingt dix des quelque 7.000 hommes mobilisés pour Sentinelle seront présents.

L'Ordre de la Libération, créé par Charles de Gaulle, sera mis à l'honneur, tout comme les militaires engagés dans l’opération Barkhane dans la bande sahélo-saharienne qui défileront après l'armée mexicaine, invitée d'honneur à l'occasion de la visite d'Etat du président Enrique Pena Nieto.

Quant au dispositif de sécurité entourant le défilé, il a été renforcé, souligne-t-on au sein de l'armée, sans donner plus de précision.

(Edité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant