Les eurosceptiques remportent les législatives polonaises

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LE PARTI DROIT ET JUSTICE ARRIVE EN TÊTE DES LÉGISLATIVES EN POLOGNE
LE PARTI DROIT ET JUSTICE ARRIVE EN TÊTE DES LÉGISLATIVES EN POLOGNE

par Pawel Sobczak et Wiktor Szary

VARSOVIE (Reuters) - Les eurosceptiques du parti Droit et justice (PiS) sont arrivés nettement en tête des élections législatives de dimanche en Pologne et devraient être en mesure de former un gouvernement.

Un sondage Ipsos réalisé à la sortie des urnes dans 90% des circonscriptions les crédite de 37,7% des voix, score tout juste suffisant pour disposer de la majorité absolue. Avec 23,6%, la Plate-forme civique (PO, centre droit au pouvoir), est nettement distancée. La Première ministre Ewa Kopacz a reconnu la défaite de son mouvement.

De son côté, l'ancien Premier ministre Jaroslaw Kaczynski, chef de file du PiS, a revendiqué la victoire.

"Nous ne frapperons pas ceux qui sont à terre (...) Nous devons montrer que la vie publique polonaise peut être différente", a-t-il déclaré devant ses partisans en liesse, au siège du PiS, dans le centre de Varsovie.

Si le sondage réalisé à la sortie des urnes est exact, la victoire du PiS est sans précédent en termes de sièges depuis les premières élections libres de 1989 et marque un virage conservateur.

Ce serait aussi la première fois que les héritiers du parti unique d'avant 1989 n'auraient plus de députés au Parlement dans ce pays de 38 millions d'habitants.

La victoire du PiS augure d'un rapprochement avec la Hongrie et la Slovaquie dans leur opposition à la redistribution des migrants dans les différents Etats de l'Union européenne.

Les divisions sur cette épineuse question risquent d'aller croissant au sein de l'UE, qui est parvenue à trouver un terrain d'entente avec les pays d'Europe centrale et orientale lors d'un mini-sommet, dimanche à Bruxelles.

Kaczynski, admirateur de longue date du Premier ministre hongrois Viktor Orban, a déclaré que les immigrants musulmans menaçaient le mode de vie catholique de la Pologne. Ce mois-ci, il a été accusé par certains médias polonais d'attiser le racisme en déclarant que les migrants apporteraient de nouvelles maladies et des parasites en Pologne.

RETOUR AUX VALEURS NATIONALES

La crise des migrants a fait le jeu des partis de droite en Europe, y compris en Suède et aux Pays-Bas.

"La victoire du PiS fait partie d'un basculement plus vaste en Europe, d'un retour aux valeurs nationales", a commenté l'analyste Aleksander Smolar.

Méfiant à l'égard de l'Union européenne et opposé à une entrée dans la zone euro, le PiS est en revanche partisan d'une position ferme de l'Otan face à la politique russe, notamment depuis l'annexion de la Crimée, en 2014.

Sa victoire pourrait donc compliquer les futures tentatives de conciliation entre les Européens et la Russie, toujours soumise à des sanctions occidentales dans le cadre de la crise dans l'est de l'Ukraine.

Sur le plan économique, l'une des premières mesures que le PiS entend prendre est celle d'une taxation des banques à partir de l'année prochaine, a indiqué un dirigeant du parti.

"L'une des premières décisions du nouveau gouvernement sera de soumettre un amendement au projet de budget pour l'année prochaine", a dit Zbigniew Kuzmiuk qui devrait jouer un rôle central dans la définition de la politique économique du nouveau gouvernement.

"Nous souhaitons, probablement dès janvier 2016, introduire deux taxes qui sont importantes pour nous, y compris une taxe sur les banques. Il s'agirait d'une taxe sur les avoirs d'un taux de 0,39% et une taxe sur les supermarchés", a-t-il dit.

Il a précisé que le gouvernement restera déterminé à maintenir le déficit en-dessous des 3% du PIB comme le préconisent les recommandations communautaires.

(Gabriela Baczynska et Wiktor Szary; Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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  • M4369955 le lundi 26 oct 2015 à 13:54

    Bien ! en 2017 idem pour la France et l'europe sera morte.On va pouvoir enfin reprendre le pouvoir chez nous, bouffer du camembert au lait cru si on veut, avoir la politique migratoire qu'on souhaite, avoir la politique monétaire qui correspond aux besoins de notre économie et pas à celle de l'Allemagne, et surtout avoir des élus qui ne pourront plus dire avec raison que le pouvoir est désormais à Bruxelles !