Les débats enlisés au Parlement grec, Syriza menacé de scission

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LES DÉBATS ENLISÉS AU PARLEMENT GREC
LES DÉBATS ENLISÉS AU PARLEMENT GREC

par Lefteris Papadimas et George Georgiopoulos

ATHENES (Reuters) - Les débats au Parlement grec se sont enlisés dans la nuit de jeudi à vendredi dans des questions de procédures, retardant le vote sur l'accord conclu avec les créanciers du pays, qui suscite de vives réticences au sein du parti au pouvoir Syriza, désormais menacé de scission.

Le Premier ministre Alexis Tsipras demande aux députés d'approuver un plan de sauvetage financier de la Grèce passant par un alourdissement de la fiscalité, une réduction des dépenses publiques et des privatisations en échange d'une nouvelle aide d'environ 85 milliards d'euros. Il s'agit du troisième programme de renflouement de la Grèce en cinq ans.

Ce vote va permettre de mesurer l'ampleur de la fronde au sein de Syriza, dont les divisions pourraient elles-mêmes contraindre Alexis Tspiras à des élections législatives anticipées dès septembre.

La présidente du Parlement, Zoé Konstantopoulou, l'une des chefs de file de la contestation au sein de Syriza, a ignoré les appels du Premier ministre à accélérer l'examen du texte de loi relatif à l'accord avec les créanciers afin de permettre son adoption bien avant la réunion vendredi des ministres des Finances de la zone euro, qui doivent à leur tour endosser l'accord.

A minuit passé, le débat à proprement parler n'avait toujours pas débuté en raison des questions de procédure soulevées par Zoé Konstantopoulou, ce qui signifie qu'un vote ne devait pas avoir lieu plusieurs heures.

UN VOTE FAVORABLE EST QUASIMENT ACQUIS

Un vote favorable de la Vouli ne fait guère de doute dans la mesure où l'opposition s'est engagée à soutenir le gouvernement d'Alexis Tsipras.

Le Premier ministre ne devrait toutefois pas sortir indemne de cette épreuve législative, certains députés de son camp l'accusant d'avoir capitulé face aux créanciers internationaux de la Grèce en renonçant au passage à ses promesses de mettre fin aux politiques d'austérité.

Le scénario d'une scission de Syriza s'est précisé jeudi avec un communiqué signé par 12 membres du parti dont le chef de file des frondeurs, l'ancien ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis.

Le texte appelle à une mobilisation nationale contre le plan d'aide et, sans réclamer explicitement une scission de Syriza, il prône aussi la fondation d'"un mouvement uni qui justifiera le désir du peuple pour la démocratie et la justice sociale".

Le gouvernement a jugé que cette initiative de Panagiotis Lafazanis "scelle sa décision de choisir une voie différente de celle du gouvernement et de Syriza".

Le texte soumis aux députés couvre la réforme de la fiscalité et des retraites, celle de la fonction publique et la relance du programme de privatisations, qui passe par l'établissement d'un fonds supervisé par les institutions européennes.

Le plan d'aide doit permettre dans un premier temps à la Grèce de rembourser le 20 août 3,2 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE).

La Grèce doit recevoir un premier versement de 23 milliards d'euros avant la fin du mois, a dit à Reuters une source proche du dossier.

(Patrick Vignal et Bertrand Boucey pour le service français)

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