Les contrefaçons pèsent près de 500 milliards de dollars

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LES CONTREFAÇONS REPRÉSENTENT 461 MILLIARDS DE DOLLARS
LES CONTREFAÇONS REPRÉSENTENT 461 MILLIARDS DE DOLLARS

PARIS (Reuters) - Le commerce des biens contrefaits ou piratés a représenté 2,5% des importations dans le monde en 2013, soit 461 milliards de dollars ou l'équivalent du PIB de l'Autriche, selon une étude publiée lundi par l'OCDE (Organisation de coopération et développement économiques) et l'EUIPO (Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle).

Son poids est plus important encore dans les importations des pays développés, étant estimé à 5% du total des importations de l'Union européenne (116 milliards de dollars).

Ces estimations se fondent sur un demi-million de saisies douanières effectuées entre 2011 et 2013, précise l'OCDE. Elles n'incluent pas cependant les produits contrefaits fabriqués et consommés localement ainsi que le piratage en ligne.

Dans de précédentes études sur la question, basées sur des statistiques moins complètes, l'OCDE estimait que les marchandises de contrefaçon représentaient 1,9% du commerce mondial en 2005 puis 1,8% en 2007.

Les marques américaines, italiennes, françaises et suisses sont les plus touchées par les contrefaçons, qui concernent de nombreux types de produits, allant des chaussures, sacs à main, parfums, vêtements et montres, jusqu'aux pièces de machines et produits chimiques mais aussi des fruits.

L'OCDE souligne que, outre leur impact économique et social, des copies peuvent mettre en danger la santé des consommateurs quand il s'agit de pièces automobiles, de médicaments, de jouets, de laits pour bébé ou d'instruments médicaux.

La Chine reste de loin le premier producteur de contrefaçons, ses produits représentant 63,2% des saisies totales, devant la Turquie (3,3%) et Singapour (1,9%). Mais les entreprises chinoises les plus innovantes sont elles aussi victimes de ces pratiques.

Les envois postaux sont le principal mode d’expédition des copies, avec 62% des saisies effectuées entre 2011 et 2013, une proportion qui témoigne de l’importance croissante du commerce en ligne dans les échanges internationaux, relève le rapport.

Les produits contrefaits empruntent des itinéraires complexes, qui les font passer par les plus grandes plates-formes d’échanges mondiales, comme Hong Kong et Singapour, et des zones de libre échange comme les Émirats arabes unis.

Ils transitent également par des pays dotés d’une faible gouvernance ou en proie à une forte criminalité organisée, comme l’Afghanistan et la Syrie.

Mais les itinéraires commerciaux varient considérablement d’une année sur l’autre, les réseaux de contrefacteurs exploitant sans cesse de nouvelles failles.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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