Les conditions d'un retour au gouvernement pas réunies, dit EELV

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PARIS (Reuters) - Pour Europe Ecologie-Les Verts (EELV), les conditions pour revenir au gouvernement ne sont pas réunies, ont déclaré mercredi soir ses porte-parole nationaux, alors qu'un remaniement ministériel paraît imminent.

Sandrine Rousseau et Julien Bayou assurent au demeurant dans un communiqué qu'EELV "n'a pas été contacté" par François Hollande ou Manuel Valls "à ce jour".

Une sorte de pare-feu dressé par EELV, alors que des rumeurs insistantes circulent sur la volonté de François Hollande et de Manuel Valls de faire revenir des écologistes au gouvernement.

"C'est une clarification a priori. S'il y a des entrées au gouvernement, ça sera des entrées individuelles, pas un accord politique", a expliqué à Reuters Sandrine Rousseau.

"Les écologistes constatent que si les conditions n'étaient plus réunies pour faire progresser l'écologie en avril 2014 lors de la sortie de Cécile Duflot et de Pascal Canfin du gouvernement, elles ne le sont pas plus aujourd'hui", écrivent les deux porte-parole dans leur communiqué.

La première était ministre du Logement et le second ministre délégué au Développement.

Si une proposition était faite par le chef de l'Etat et le Premier ministre à l'ensemble du mouvement, elle serait étudiée par le bureau exécutif d'EELV et soumise à son conseil fédéral, le parlement du parti, précisent les porte-parole.

Mais l'évolution de la politique gouvernementale "ne laisse pas entrevoir un horizon favorable à des politiques plus écologistes, solidaires, compatibles avec le besoin de justice sociale et à même de construire une société apaisée".

"TROP FLOUE POUR ÊTRE HONNÊTE"

Ils estiment au passage que la déchéance de nationalité pour fait de terrorisme, votée mercredi par l'Assemblée nationale, porte profondément atteinte à l'une des "valeurs cardinales" de leur mouvement.

Parmi les noms d'écologistes susceptibles d'entrer au gouvernement et cités par la presse figurent ceux d'Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, ou du député Denis Baupin.

Selon Sandrine Rousseau, tous les membres du bureau exécutif d'EELV, réunis mardi, "ont montré leur réticences à rentrer au gouvernement".

Un haut responsable du parti contacté par Reuters a jugé cependant la position exprimée par Emmanuelle Cosse lors de cette réunion "beaucoup trop floue pour être honnête".

Selon Sandrine Rousseau, la secrétaire nationale d'EELV "a dit que si on lui faisait la demande, ce qui n'était pas le cas hier, elle respecterait la procédure consistant à présenter au bureau exécutif les conditions d'entrée dans un gouvernement".

La porte-parole a par ailleurs dit ne pas comprendre que Denis Baupin ait voté la déchéance de nationalité avec plusieurs dissidents d'EELV, dont Barbara Pompili et François de Rugy.

"Je m'interroge sur les signaux donnés", a souligné la porte-parole, qui n'exclut pas des tentatives de débauchage individuel par l'exécutif.

Contacté par Reuters par SMS, Denis Baupin a refusé de faire le moindre commentaire.

(Emmanuel Jarry)

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