Les Britanniques favorables à une sortie de l'UE plus nombreux

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UNE COURTE MAJORITÉ DE BRITANNIQUES SERAIENT FAVORABLES À UNE SORTIE DE L'UE
UNE COURTE MAJORITÉ DE BRITANNIQUES SERAIENT FAVORABLES À UNE SORTIE DE L'UE

LONDRES (Reuters) - Cinquante-quatre pour cent des Britanniques ayant arrêté leur choix sont favorables à une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, soit trois points de plus qu'il y a un an, selon un sondage de l'institut Orb publié jeudi.

Le Royaume-Uni renégocie actuellement les termes de son adhésion à l'UE avant un référendum sur l'appartenance à l'UE qui pourrait être organisé dès le mois de juin.

Selon le sondage Orb, 43% des électeurs britanniques veulent quitter l'Union, contre 36% qui disent vouloir rester et 21% d'indécis.

Si l'on ne tient pas compte de ces indécis, 54% veulent une sortie de la Grande-Bretagne de l'UE, contre 51% il y a un an, contre 46% qui se disent opposés à un tel "Brexit" (49% il y a un an).

Ce scepticisme de l'opinion publique britannique contraste avec les dernières déclarations de David Cameron sur le sujet. Le Premier ministre britannique s'est dit optimiste mercredi soir quant à la possibilité d'un accord avec Bruxelles sur les changements qu'il réclame, y compris sur la question d'une baisse des prestations sociales accordées aux ressortissants des autres pays de l'UE.

"Un nombre significativement plus important de personnes ont dit s'être senties plus éloignées de l'Europe au cours des douze derniers mois", a dit à Reuters Johnny Heald, directeur général d'ORB International.

"Si le Premier ministre veut éviter un désastre pendant qu'il est aux affaires, quelqu'un doit très vite commencer à convaincre le grand public des raisons pour lesquelles nous devons continuer à faire partie de l'Union européenne."

CAMERON À BUDAPEST

Une sortie de la Grande-Bretagne ferait trembler les fondations mêmes de l'Union européenne, le pays en étant la deuxième puissance économique et l'une des deux principales puissances militaires.

Les tenants d'un maintien dans l'Europe estiment qu'une sortie de l'Union européenne porterait préjudice à l'économie britannique et pourrait même provoquer l'éclatement du Royaume-Uni avec un possible nouveau vote sur une indépendance en Ecosse.

Les partisans d'un "Brexit" estiment que la Grande-Bretagne se portera mieux en dehors de l'Union européenne.

David Cameron, qui espère conclure un accord avec les dirigeants européens lors du sommet des 18 et 19 février prochains, a dîné mercredi avec la chancelière allemande Angela Merkel et ses alliés conservateurs bavarois de la CSU (Union chrétienne-sociale), à l'occasion d'une réunion de la CSU à Wildbad Kreuth, en Bavière.

"Lors des prochaines semaines, il est très important que nous prenions des décisions dans notre propre intérêt afin d'aboutir à un ensemble raisonnable qui permettra à la Grande-Bretagne de rester membre de l'Union européenne", a dit Angela Merkel avant cette rencontre.

"Nous sommes persuadés qu'on peut traiter toutes les questions. Les discussions se déroulent bien", a déclaré de son côté David Cameron. "Je suis encore plus confiant après les excellentes discussions que j'ai eues ici en Bavière avec les collègues de la CSU."

Après son déplacement en Allemagne, David Cameron s'est rendu à Budapest où il doit s'entretenir ce jeudi avec le Premier ministre Viktor Orban.

La Hongrie soutient certaines propositions britanniques visant à améliorer la compétitivité de l'UE mais reste hostile à toute atteinte à la libre circulation des travailleurs, a déclaré jeudi son ministre des Affaires étrangères, Peter Szijjarto.

Ce dernier a rencontré mercredi Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti conservateur polonais Droit et justice (PiS), vainqueur des législatives d'octobre, une démarche qui illustre la volonté des deux pays de consolider un axe eurosceptique en Europe centrale.

Le nouveau gouvernement polonais a repris à son compte plusieurs mesures déjà adoptées par la Hongrie qui ont créé des remous au sein de l'UE. "La Pologne est notre partenaire stratégique", a déclaré Peter Szijjarto, ajoutant que les Premiers ministres des deux pays devraient se rencontrer officiellement début février.

(Guy Faulconbridge, Benoit Van Overstraeten et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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