Les attentats ont influé sur les chiffres de la délinquance

le
0
HAUSSE DE 16,1% DU NOMBRE D'HOMICIDES EN 2015
HAUSSE DE 16,1% DU NOMBRE D'HOMICIDES EN 2015

PARIS (Reuters) - Le nombre des homicides a fortement augmenté en 2015 en France en raison des attentats djihadistes ayant frappé Paris en janvier et en novembre mais les vols et les cambriolages ont baissé, a annoncé jeudi Bernard Cazeneuve.

Tous les chiffres pour 2015 ont été impactés par les deux vagues d'attaques qui ont fait 147 morts au total à Paris, a expliqué le ministre de l'Intérieur en présentant les chiffres de la délinquance.

Les semaines qui ont suivi les attentats ont été à chaque fois marquées par une baisse de la délinquance, une forte présence policière ayant sans doute dissuadé les malfaiteurs.

Bernard Cazeneuve a souligné que la hausse de 16,1% des homicides en 2015, soit 149 homicides supplémentaires, correspondait "presque exactement au nombre des victimes des attentats terroristes qui ont été commis sur notre sol".

Sur l'ensemble de l'année, les vols avec armes ont baissé de 13,7% et les vols sans violence de 1,4%. Les vols de véhicules ont baissé (-0,9%), de même que les cambriolages (-0,9%).

Le ministre a relevé quelques points noirs, dont la hausse de 2,2% des coups et blessures volontaires ou des violences dites non crapuleuses (+13%) qui sont souvent intrafamiliales.

Bernard Cazeneuve a insisté sur le fait qu'il ne fallait pas baisser la garde face à la menace terroriste.

"L'année 2016 présente autant de risques que 2015, la menace terroriste est toujours présente, elle est au moins aussi grave voir plus qu'au mois de novembre", a-t-il dit.

Bernard Cazeneuve a également confirmé le niveau toujours aussi élevé des actes antisémites (806,-5,3%) et le bond des actes antimusulmans, qui ont triplé (429, +223%).

Bernard Cazeneuve s'est appuyé pour la première fois sur les indicateurs du nouveau service statistique lancé en octobre dernier pour mettre fin à la "politique du chiffre" voulue, selon lui, sous le précédent quinquennat par Nicolas Sarkozy.

Le nouveau Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSM) intègre les données enregistrées par la police et la gendarmerie mais "dans le champ labellisé de la statistique publique", avec des experts de l'Insee.

Ces nouveaux chiffres ne reflètent toutefois pas l'ensemble de la réalité de l'insécurité, car seuls neuf domaines ont été retenus contre une quarantaine auparavant. Ils ne prennent pas en compte les viols, les actes de vandalisme, les saisies de drogue ou les délits économiques et financiers.

(Gérard Bon)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant