Les aides au logement engendreraient une hausse des loyers

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Selon plusieurs études, certains propriétaires tiendraient compte des aides dans leur évaluation du loyer.

L’aide au logement pour les familles modestes et les étudiants perd de sa crédibilité. Dans la mesure où les propriétaires sont conscients de ce coup de pouce, certains d’entre eux n’hésitent pas à réajuster le loyer initial en fonction de la somme potentiellement perçue par leurs locataires. C’est ce qui ressort de trois études effectuées en France. «À chaque fois, c’est environ 100 euros en moyenne qui sont ajoutés par les propriétaires», explique Étienne Wasmer, économiste et professeur à Sciences-Po.

Ainsi, l’utilité de cette aide est largement minimisée. Un phénomène logique selon Étienne Wasmer, qui parle d’un effet économique très classique: «Dans la mesure où l’on donne davantage de moyens aux ménages pour se loger, ils vont naturellement faire en sorte d’optimiser cet avantage en cherchant à avoir des logements plus grands... Mais si dans le même temps, il n’y a pas plus de logements disponibles sur le marché, cela va de facto faire augmenter le prix des loyers».

En France, les étudiants touchent en moyenne 209 euros d’aide au logement par mois. Une somme non négligeable... Dans un reportage diffusé sur France 2, une caméra discrète divulgue une scène significative, où la propriétaire d’un 11m2 mis en location pour 660 euros par mois évoque explicitement les aides pour le logement à son potentiel futur locataire. «Je vous fais un contrat classique où vous avez au moins 200 euros donc ça vous fait 460 euros», déclare-t-elle.

Une situation qui n’est pas isolée. «C’est la première chose qu’on m’a dite en visitant un studio dans une résidence privée», explique au Figaro Lexane Sirac, étudiante à l’EM Lyon. «Dans la mesure où c’était une résidence uniquement pour les étudiants et que le certificat de scolarité était obligatoire, il allait de soi que nous touchions les aides au logement». Idem pour cet appartement de 39m2 en plein cœur de Paris, situé place de la Sorbonne: 1580 euros, pour ce logement - certes très bien placé - mais dans un état «gênant» selon d’anciens locataires. «Lorsque nous avons signé le bail, le propriétaire n’a pas cherché à nous dissimuler qu’il tenait compte de nos APL dans le calcul du loyer», explique Gilles, jeune actif et locataire dudit appartement.

Du côté du gouvernement, on continue de contester ces rapports. La ministre du logement Sylvia Pinel reste sur cette seule position: le vrai problème, c’est la pénurie de logements.

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