Les agriculteurs déversent leur colère

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LES ALES AGRICULTEURS DÉVERSENT LEUR COLÈRE
LES ALES AGRICULTEURS DÉVERSENT LEUR COLÈRE

PARIS (Reuters) - Les agriculteurs ont manifesté un peu partout en France mercredi contre ce qu'ils estiment être un trop-plein de réglementation et pour la défense de la production française, qu'ils ont déversée et distribuée abondamment, à Paris notamment.

FNSEA et JA (Jeunes agriculteurs) avaient choisi pour mot d'ordre de leur journée d'actions "le patriotisme alimentaire et la valorisation des produits français", sans oublier la dénonciation de règles sanitaires ou de la bureaucratie.

La mobilisation se voulait pacifique dans un contexte de tensions dû à l'affaire du barrage de Sivens et après des actions violentes, dont l'incendie du centre des impôts et du bâtiment de la Mutualité sociale agricole de Morlaix, dans le Finistère.

A Paris, des camions ont déversé une cinquantaine de tonnes de pommes de terre, poires ou pommes sur la place de la République au petit matin, afin de les distribuer aux passants.

"On exprime un ras-le-bol, très clairement, le ras-le-bol du monde paysan dans sa globalité", a dit à Reuters Damien Greffin, président de la FNSEA en Ile-de-France. Une banderole déployée derrière lui disait "Stop aux contraintes".

"Aujourd'hui, un agriculteur consacre autant de son temps à la sur-administration, à la paperasse, qu'à produire des denrées pour nourrir la population", a-t-il dit.

Des manifestations, épandages de produits, plantations fictives ou contrôles d'origine des produits utilisés notamment dans les cantines des administrations publiques, ont eu lieu dans de nombreuses régions de France.

Chaque action avait un mot d'ordre spécifique, tantôt le "manger français", comme à Paris, tantôt les "huit points durs" sur lesquels la FNSEA avait déjà alerté ces dernières semaines le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.

Ce dernier a dit comprendre une colère "justifiée."

"Ils sont dans une situation qui n'est pas favorable en terme de prix dans beaucoup de productions", a-t-il dit lors du compte rendu du conseil des ministres.

"CONTEXTE DIFFICILE"

Stéphane Le Foll a notamment cité les conséquences de l'embargo russe, la surproduction laitière, la mauvaise qualité de certaines récoltes céréalières et les conséquences de directives européennes comme celle sur les nitrates.

Cette dernière est la principale préoccupation du monde agricole, qui voit s'étendre le nombre de zones dites vulnérables aux nitrates, dérivés des engrais et responsables de pollution des eaux, et avec elles les contraintes.

"On a un contexte général économiquement difficile", a encore dit ajouté Stéphane Le Foll, ajoutant que le Premier ministre, Manuel Valls, annoncerait des "dispositions" dans l'après-midi devant l'Assemblée nationale.

Comme à Paris, la plupart des manifestations prévues se sont déroulées dans le calme, même si des bâtiments publics ont été la cible de jets d'oeuf ou de fumier, comme à Toulouse.

A Nancy, près de 270 tracteurs ont convergé vers la direction départementale du territoire pour déverser du fumier. A Strasbourg, une centaine de véhicules ont stationné devant la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement. Les agriculteurs y ont répandu terre et fumier avant de planter du blé.

En Moselle, un barrage était prévu sur l'autoroute A4 pour contrôler les chargements en provenance d'Europe mais le trafic international avait été, selon eux, détourné par les autorités.

"Le gouvernement ne fait rien pour nous. Dans la plupart des établissements de restauration hors domicile, on ne mange plus français", a dit à Reuters Gilles Becker, secrétaire général de la FDSEA, joint par téléphone sur le barrage.

"Une bande de hippies est capable de changer l'orientation agricole de notre pays. La prise en compte de l'environnement dépasse la raison économique", a-t-il ajouté en référence aux manifestations contre le barrage de Sivens, dans le Tarn.

Dans le Sud-Ouest, on a compté un millier d'agriculteurs à Pau, où la circulation a été perturbée. Des rassemblements ont aussi eu lieu à Niort, Poitiers, La Rochelle, ainsi que dans l'Ouest (Nantes, Angers, Rennes, Quimper) ou dans le Sud-Est (Marseille, Montpellier, Avignon, Valence) et dans le Nord.

(Jaspar Topham et Grégory Blachier, avec Elizabeth Pineau, Gilbert Reilhac à Strasbourg et Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le mercredi 5 nov 2014 à 18:47

    C'est normal...ns sommes dans une Europe de Ka/Ka...aucune cohésion dans aucun domaine...chacun bricole ses taxes et impôts dans son coin, et voilà comment ça se termine...mais le pire est à venir !...

  • miez1804 le mercredi 5 nov 2014 à 16:01

    Pas de panique, avec le "choc" de semplification tous va s'arranger!!!

  • bstefank le mercredi 5 nov 2014 à 15:41

    J'ajoute pour les commentaires mettant en cause les indemnités versées aux agriculteurs par l'Europe (pas qu'aux agriculteurs français d'ailleurs) se demandent-ils combien ils paieraient leur alimentation dans le cas où on supprimerait ces aides ?

  • bstefank le mercredi 5 nov 2014 à 15:38

    Il ne faut pas oublier de dire que l'embargo de la Russie sur les produits européens n'est que le corollaire de celui de l'Europe envers la Russie. La cerise sur le gâteau sera l'indemnité que la France devra payer en cas de non-livraison des Mistral sans compter le préjudice à la crédibilité de sa parole. On n'est plus à un reniement près...

  • clausfer le mercredi 5 nov 2014 à 14:50

    Ils ont engrangé la récolte, obtenu les subventions, mais en enquiquinant le peuple ils veulent encore plus!

  • klein44 le mercredi 5 nov 2014 à 14:24

    y en marre de les subventionner - qu ils travaillent et la ferme