Le ton se durcit entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy

le
2
ALAIN JUPPÉ PRESSE NICOLAS SARKOZY À SE DÉCLARER OU NON CANDIDAT
ALAIN JUPPÉ PRESSE NICOLAS SARKOZY À SE DÉCLARER OU NON CANDIDAT

PARIS (Reuters) - La compétition pour la primaire à droite tourne à l'aigre sous l'effet de la campagne équivoque de Nicolas Sarkozy, candidat officieux à l'investiture, qu'Alain Juppé a pressé vendredi de clarifier sa situation au nom de la "morale".

Les rivaux de l'ancien chef de l'Etat s'irritent du vrai-faux suspense que celui-ci entretient sur sa candidature à la primaire des 20 et 27 novembre et de son maintien à la tête des Républicains.

Pour ajouter à l'agacement, l'un des fidèles de Nicolas Sarkozy, le sénateur (Les Républicains) Pierre Charon, a déclaré vendredi sur Public Sénat que le candidat putatif se préparait tel "Rocky III".

"Rocky III, c'est le retour quoi, le troisième combat qu'il regagne à nouveau. (...) Il faut savoir que si jamais il était en compétition, il faudrait être très en forme face à lui aussi", a-t-il ajouté.

Cette situation "hypocrite", ce "mélange des genres", selon les entourages de ses rivaux, la Haute autorité de la primaire n'en a pas été saisie pour l'instant, bien que certains dans les écuries adverses en aient formulé le souhait.

Alain Juppé, favori de la primaire, avait appelé début juin Nicolas Sarkozy à "prendre un peu de distance avec les appareils partisans", il s'est fait plus mordant vendredi, dans une rare attaque médiatique, en rappelant implicitement au président de LR l'existence de l'affaire Bygmalion.

"CERTAINES PRATIQUES DU PASSÉ"

"Ce n'est pas un problème juridique, c'est un problème moral et éthique. Ne reprenons pas certaines pratiques du passé où on confondait un peu les choses entre les campagnes électorales et le financement du parti", a lâché le maire de Bordeaux sur France Info.

Les juges ont clos leur enquête dans le dossier Bygmalion, un système présumé de fausses factures utilisé en 2012 pour couvrir des dépassements de frais lors de la campagne du président sortant. Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour financement illégal de campagne électorale dans cette affaire.

Le prédécesseur de François Hollande risque un renvoi en correctionnelle dans ce dossier.

"Il doit faire attention à la confusion des genres, ça ne lui a pas porté bonheur dans le passé", souligne-t-on dans l'entourage d'Alain Juppé tout en se défendant de céder aux travers anciens de la droite, où la compétition tourne vite à l'invective.

Alain Juppé entend continuer à tracer sa route sans se déterminer "par rapport à Nicolas Sarkozy", mais la mise en garde de vendredi vaut avertissement pour l'avenir.

"On ne calibre pas notre campagne en fonction de ce que font les autres", dit-on dans son entourage.

Les statuts des Républicains imposent à tout membre de la direction qui briguerait l'investiture présidentielle de démissionner de son poste au plus tard 15 jours avant le dépôt des candidatures, fixé au 9 septembre. Nicolas Sarkozy peut donc rester à la tête du parti jusqu'au 26 août au plus tard.

Alain Juppé a d'ores et déjà prévu de faire sa rentrée politique le 27 août et de publier le 31 août un livre sur sa relation "charnelle" avec la France.

"J'ai mon rythme, j'ai mon plan, j'ai mon projet", a rappelé le maire de Bordeaux sur France Info.

(Sophie Louet avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • sibile le vendredi 10 juin 2016 à 19:57

    Juppé le repris de justice donne des leçons de morale .....

  • d.e.s.t. le vendredi 10 juin 2016 à 19:53

    La droite la plus bête du monde va-t-elle vous valoir un autre mandat de la gôche la plus bête du monde?