Le sombre avenir des ramoneurs parisiens

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VIDÉO - L'interdiction prochaine des feux de cheminée à Paris et leur encadrement strict en Île-de-France font craindre la disparition de la profession dans le secteur. Alors même que les Parisiens auront toujours l'obligation d'entretenir les conduits.

La lutte contre la pollution devrait faire consensus et, pourtant, certaines décisions en ce sens font grincer des dents. Au 1er janvier, il sera interdit de faire un feu de cheminée à Paris, que ce soit pour se chauffer ou simplement pour profiter de ce plaisir hivernal. Dans 435 autres communes d'Île-de-France, ce sont uniquement les cheminées à foyer ouvert -sans vitre de protection- qui seront bannies, celles à foyer fermé et les poêles à bois dotés d'un bon rendement énergétique restant autorisés.

Les particules dégagées par les feux de cheminée sont en effet montrées du doigt dans une région où la pollution fait l'objet d'une véritable traque. Et alors que le gouvernement s'engage pour favoriser les travaux de rénovation énergétique, les cheminées à foyer ouvert et leur très faible rendement en la matière ne sont plus les bienvenues dans les logis franciliens.

Une mesure qui a déclenché les critiques des férus du repos au coin du feu. L'écrivain Christian Combaz s'était ému dans Le Figaro de la disparition d'une pratique pleine de poésie, se disant même prêt à «sacrifier jusqu'à un an de [sa] vie pour que le législateur [lui] foute la paix». Christian Millau fustigeait lui aussi un trop-plein de normes, dictées par «les grands humanistes qui surveillent jour et nuit l'air que nous avons le culot de respirer».

Un risque accru de fraudes

Mériadec Aulanier, délégué général du syndicat des entreprises de Génie climatique et de couverture plomberie (GCCP), s'inquiète quant à lui des conséquences que cette mesure aura sur l'emploi. «On supprime carrément une profession, celle des ramoneurs, s'indigne-t-il. Alors même qu'il s'agit d'un savoir-faire en péril, le ramonage va tout bonnement être éliminé de Paris.»

Il s'offusque également du paradoxe des réglementations, puisque même si les Parisiens ne pourront plus utiliser leur cheminée, ils auront toujours l'obligation d'entretenir les conduits. «Si les conduits ne sont pas entretenus, cela va amener des risques dans le bâti, souligne Mériadec Aulanier. Or, sans ramoneurs, les Franciliens vont se tourner vers des arnaqueurs qui profiteront du créneau pour se faire payer au noir.»

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