Le retour de l'épineux dossier de l'assurance-chômage

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LE RETOUR DE L'ÉPINEUX DOSSIER DE L'ASSURANCE-CHÔMAGE
LE RETOUR DE L'ÉPINEUX DOSSIER DE L'ASSURANCE-CHÔMAGE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Patronat et syndicats, pressés par l'exécutif et le nombre record de chômeurs en France d'adopter des réformes auxquelles ils ont jusqu'ici rechigné, entament lundi des négociations sous tension sur les règles de l'assurance-chômage.

Devraient ainsi revenir sur le tapis l'explosion des contrats de travail de très courte durée, qui pèse sur les comptes de l'Unedic, la question de l'incitation à la reprise d'un emploi, l'accès des chômeurs à la formation, ou bien encore le régime spécial des intermittents du spectacle.

Les modifications apportées par la convention de 2014, qui arrive à échéance en juin 2016, n'ont pas suffi pour enrayer l'endettement de l'organisme de gestion de l'assurance-chômage.

Le nombre de demandeurs d'emploi enregistrés approche 5,5 millions toutes catégories confondues, 3,6 millions pour ceux qui n'ont aucune activité. Des niveaux qui n'ont plus été atteints depuis la fin des années 1990.

Selon l'Insee, le chômage représentera encore en France métropolitaine 10% de la population active à la mi-2016, malgré une accélération des créations d'emplois marchands.

Dans ces conditions, l'Unedic prévoit un déficit de 3,6 milliards d'euros en 2016, après 4,4 milliards en 2015.

Cet organisme gérée par les partenaires sociaux verrait son endettement bondir à plus de 29 milliards d'euros fin 2016 et, si rien n'est fait, à 35 milliards en 2018.

Lors de ses voeux aux partenaires sociaux, le 18 janvier, François Hollande a estimé que la renégociation de la convention Unedic devait être "l'occasion de revoir un certain nombre de règles et de réorienter les financements."

PRESSIONS

"En France, la durée d'indemnisation est la plus longue d'Europe mais la durée de formation des chômeurs est la plus courte. C'est ce qu'il faut changer", a-t-il alors dit.

"Le gouvernement invite chacun (...) à tout faire pour réduire le déficit de l'Unedic et pour permettre le retour à l'emploi", a renchéri Manuel Valls le 2 février à l'Assemblée. "Si cette négociation n'aboutissait pas, le gouvernement (...) prendrait pleinement ses responsabilités", a averti le Premier ministre.

S'il se défend de vouloir intervenir dans les négociations, l'exécutif n'en a pas moins transmis fin 2015 au Parlement un rapport alarmant sur la situation de l'assurance-chômage, dans lequel il évalue l'impact de diverses mesures, comme la réduction de la durée maximale d'indemnisation.

Des ministres, dont Michel Sapin (Finances), Myriam El Khomri (Travail) et Jean-Marie Le Guen (Relations avec le Parlement), ont évoqué un éventuel rétablissement de la dégressivité des indemnités chômage

Une perspective rejetée par les syndicats et dont le Medef n'a pas l'intention de faire un cheval de bataille. Syndicats et patronat apprécient d'ailleurs peu les pressions de l'exécutif.

"Je ne négocie pas sous contrainte. Laissons les partenaires sociaux tranquilles", déclarait il y a quelque jours Alexandre Saubot, négociateur du Medef, à la presse sociale.

Pour la négociatrice et numéro 2 de la CFDT, Véronique Descacq, "la clef d'entrée dans la négociation ne peut pas être la réduction du déficit" de l'Unedic.

CONTRATS COURTS

"Pour nous la clef d'entrée c'est l'aide aux demandeurs d'emploi pour les remettre en selle et pour ça il y a trois paramètres", a-t-elle expliqué à Reuters : "La formation, l'accompagnement et un niveau correct d'indemnisation."

Les syndicats souhaitent aussi remettre sur la table la question de l'utilisation croissante de contrats de travail de très courte durée ponctués de périodes de chômage.

"L'idée est de regarder les secteurs qui utilisent trop de contrats très très courts et structurent leur activité en se servant de l'assurance chômage, de voir comment influencer le comportement des entreprises", dit Véronique Descacq.

Le président du Medef, Pierre Gattaz, dit pour sa part aborder cette négociation avec une "énorme détermination à faire une réforme structurelle" : "Pas question de recommencer à faire des réformes dites paramétriques. La vie ne peut pas continuer comme avant", expliquait-il récemment à des journalistes.

Il a assuré que son organisation entendait défendre deux axes : l'accompagnement des chômeurs "dès le premier jour de chômage" et l'incitation au retour à l'emploi.

Ces négociations commencent sur fond de polémique sur le projet de loi sur la réforme du code du travail dévoilé la semaine passée et jugé par les syndicats trop déséquilibré en faveur des entreprises, au détriment des salariés.

"Ça va radicaliser les positions", prédit Franck Mikula, secrétaire national et négociateur de la CFE-CGC.

(Rédaction France)

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  • M8252219 il y a 10 mois

    mettre en place la TVA SOCIALE tous les français et d'autres en bénéficient certains même en profitent tous doivent participer à son financement pas seulement les salariés et les entreprises.

  • CHANOMAR il y a 10 mois

    pff pas de contrôle pas de suivit trop d aide pour des personne qui ne cherche pas de travaille ou des inscrit en France avec le RSA travail en Angleterre ou même j en connais un au mexique