Le PS demande des améliorations de la loi Travail

le
0
LE PS VEUT DES AMÉLIORATIONS À LA LOI TRAVAIL
LE PS VEUT DES AMÉLIORATIONS À LA LOI TRAVAIL

par Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste a demandé lundi soir des améliorations du projet de réforme du Code du travail lors d'une réunion exceptionnellement longue de son bureau national qui a donné lieu à des débats très vifs, selon plusieurs participants.

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, était venue défendre son texte devant cette instance du principal parti de la majorité, profondément divisé sur cette réforme.

Selon le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, la moitié de ses 70 membres ont pris la parole pour demander, qui son retrait pur et simple - une minorité -, qui une réécriture plus ou moins détaillée, voire complète.

Les intervenants favorables à la réécriture du texte ont insisté sur la nécessité de donner une place plus importante au compte personnel d'activité (CPA), censé améliorer la sécurité des salariés en regroupant tous leurs droits.

Jean-Christophe Cambadélis a estimé que "tout le monde devait être dans l'amélioration" du projet de loi, à charge pour le gouvernement de faire la synthèse.

S'exprimant brièvement devant la presse, Myriam El Khomri a jugé le débat "long mais constructif" et promis de continuer à travailler dans cet esprit.

Le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a pour sa part salué le fait que certains des détracteurs les plus virulents du projet de loi souhaitaient "finalement rentrer dans la discussion".

Il faisait allusion à Martine Aubry qui a signé fin février une tribune au vitriol contre la politique du gouvernement.

"J'ai essayé d'expliquer à Myriam El Khomri que la réforme du code du travail qu'elle prévoyait n'est une réforme ni qui améliore la compétitivité des entreprises, ni qui accroît la protection des salariés", a expliqué la maire de Lille à la presse en quittant le siège du PS avant la fin de la réunion.

"VOLONTÉ POLITIQUE"

"Elle est extrêmement dangereuse, notamment sur le droit de licenciement, elle est dangereuse quand on substitue des accords d'entreprise à des accords de branche", a-t-elle ajouté.

Martine Aubry a estimé qu'il y avait beaucoup de choses à modifier et qu'il fallait prendre le temps de faire ces changements, car "on ne peut pas se contenter de trois petites modifications".

Manuel Valls a entamé lundi un round de concertation avec les partenaires sociaux pour tenter de trouver une issue à la crise ouverte par ce projet, rejeté à la fois par les syndicats, une partie de la gauche et même du patronat.

Selon ses interlocuteurs, il a confirmé qu'il était prêt à donner en partie satisfaction aux syndicats réformistes, CFDT en tête, sans toutefois dévoiler ses batteries.

Pour sa part, Martine Aubry a notamment proposé de "mettre le paquet" sur la formation, la recherche, l'innovation, et de traiter l'impact des nouvelles technologies.

"Tout ça n'est pas dans une réforme qui se dit moderne", a-t-elle souligné. "Ce que je propose (...) c'est qu'on se donne encore un peu de temps pour faire que ce projet de loi soit un vrai projet moderne qui à la fois améliore la compétitivité des entreprises et crée de nouvelles protections pour les salariés."

Il faut pour cela une "volonté politique", a insisté l'ancienne première secrétaire du PS.

Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale, qui se penchera mardi à son tour sur ce projet de réforme lors d'un séminaire, entend lui aussi faire des propositions.

Dans une interview aux journal Les Echos à paraître mardi, le chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux reconnaît des faiblesses dans le dialogue mais appelle les élus à ne pas se complaire dans l'opposition.

"Cela a été trop vite et la phase de dialogue social n'a pas été aussi exemplaire et féconde qu'elle a pu l'être précédemment", estime-t-il. Pour autant, "si certains députés me disent à l’issue du séminaire 'mais tout va bien, on n’a pas besoin de texte !', ceux-là, je pense qu’ils seront à côté de la plaque."

"Il est toujours tentant de se complaire dans le confort de l’opposition et de renoncer à changer ce qui fonctionne mal, mais ce n’est pas cette gauche-là que nous avons envie d’incarner", ajoute-t-il.

(avec Emile Picy, édité par Marine Pennetier)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant