Le procureur de Marseille dénonce le manque de moyens

le
1
BRICE ROBIN, PROCUREUR DE MARSEILLE, DÉNONCE LE MANQUE DE MOYENS
BRICE ROBIN, PROCUREUR DE MARSEILLE, DÉNONCE LE MANQUE DE MOYENS

MARSEILLE (Reuters) - Le procureur de Marseille a dénoncé vendredi la crise profonde des parquets en France, générée par "l'accroissement des missions" et par un "manque cruel de moyens" qui fait selon lui de la justice française le mauvais élève de l’Europe.

Brice Robin est membre de la Conférence nationale des procureurs de la République (CNPR), qui s'était déjà alarmée en décembre de la crise que traversent les parquets de France.

Il a souligné que la France ne comptait que 2,9 magistrats du parquet pour 100.000 habitants, contre 12 en moyenne dans le reste de l'Europe.

"Seule l'Irlande a moins de magistrats que nous", a déploré le procureur d'une ville qui est souvent à la "une" de l'actualité pour la criminalité qui s'y développe.

Il a rappelé que les magistrats français traitaient 2.500 procédures chaque année, contre 615 en moyenne en Europe et que le budget de la justice était de 61 euros par habitant en France contre 120 euros pour le reste de l'Union.

Brice Robin a pris pour exemple la journée du 17 juin 2015 où, pour faire face à 65 présentations de suspects, les magistrats de Marseille et leurs assistants ont terminé les débats contradictoires à 8 heures du matin.

"Il est urgent de faire une pause dans la multiplicité de nos missions pour nous recentrer sur notre cœur de métier, soit la poursuite des auteurs d’infractions pénales", a-t-il dit.

Les procureurs en France, qui ont décidé de réduire leur participation à certaines missions, réclament un "geste de recrutement" pour pallier le déficit de 864 postes vacants.

"Il faut être pragmatique et ne pas s’éparpiller. Je préfère me concentrer sur les priorités de la lutte contre le terrorisme et de radicalisation plutôt que participer à une réunion administrative ou faire des statistiques", a dit Brice Robin.

La CNPR milite pour l’inscription dans la Constitution de la réforme de l’indépendance du parquet, dont les membres sont aujourd’hui nommés par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) sur proposition du ministre de la Justice, qui peut toutefois s’affranchir de son avis.

"Le principe de notre désignation impacte notre indépendance, car notre nomination est sujette à caution puisqu’elle dépend trop de l’exécutif", regrette Brice Robin.

 

(Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M7097610 le vendredi 15 jan 2016 à 18:03

    Hollande a ses guerres...il n'y a plus de sous. Qu'ils règlent leurs comptes entre eux et tant pis pour les dégâts colatéraux