Le poisson «made in France» risque de se faire rare à Noël

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Certains poissons de saison comme le cabillaud, le merlan ou le bar manquent à l'appel dans les eaux françaises en raison des températures anormalement élevées. Mais les importations permettent d'éviter la pénurie, précisent les poissonniers.

Ceux qui ont prévu de mettre du cabillaud français au menu de leur repas de Noël sont prévenus: ils n'en trouveront pas beaucoup sur les étals de leurs poissonniers. Et pour cause: ce poisson, comme d'autres espèce d'hiver -merlan, bar, tacaud- se font rares dans les eaux françaises. La faute aux températures bien trop clémentes pour la saison. «Nous avons effectivement fait le constat: les températures trop douces pour un mois de décembre font fuir ces poissons», assure Jean-Marc Ramet, poissonnier au Touquet et membre de l'Union nationale de la poissonnerie française (UNPF).

À cette époque de l'année, ces poissons cherchent une eau plus froide. Ils désertent donc les eaux françaises pour se rendre plus au nord. «Ces poissons sont très pêchés en Mer du Nord en ce moment. Mais ils ne descendent plus chez nous. Ils est très difficile d'en trouver à la criée française», constate le poissonnier. À leur place, des poissons adeptes des températures douces font leur apparition en nombre. «Le rouget-barbet est par exemple très présent en ce moment. Les pêcheurs en ramènent des milliers de tonnes», rapporte le poissonnier. Même constat pour l'encornet.

Pas question toutefois de changer votre menu du réveillon si vous insistez pour mettre ces poissons d'hiver dans vos assiettes. Ils sont bien présents chez le poissonnier mais leur origine est étrangère. Le cabillaud arrive par exemple directement de Norvège par camion. «On valorise traditionnellement la pêche française mais malheureusement, pour certaines espèces, on est obligé de franchir le pas de l'importation», déplore Jean-Marc Ramet. Ces importations permettent de satisfaire la demande et d'éviter une flambée des prix. «Les consommateurs n'ont pas d'inquiétudes à avoir. Il y aura tout ce qu'il faut pour le réveillon!», promet-on à l'UNPF.

Une hausse des prix est toutefois bien au rendez-vous mais c'est en raison de la forte demande saisonnière liée aux fêtes. La Saint-Jacques, produit star de la table en cette fin d'année, a déjà vu son prix augmenter de deux euros en moyenne chez certains poissonniers. «Tous les produits sauvages voient leur prix augmenter pendant les fêtes. Les bateaux sont soumis à des quotas et ils ne peuvent pas s'en affranchir parce que la demande est plus forte à Noël», résume Jean-Marc Ramet. Ce phénomène concerne aussi les turbots, bars, soles, homards, langoustes, gambas et autres huîtres. Pour éviter de débourser plus, un conseil à suivre selon Jean-Marc Ramet: «cuisinez du rouget!».

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