Le patron de Vinci Autoroutes : «Les péages vont continuer d'augmenter»

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En dépit des hausses répétées des tarifs des péages depuis 2000, exception faite de 2015, Pierre Coppey, qui préside aussi l'Association des sociétés françaises d'autoroutes, assure que «les Français aiment l'autoroute».

Voilà une annonce qui devrait ravir les automobilistes: alors que l'inflation est quasi-nulle, le prix des tarifs va continuer d'augmenter. C'est le président de Vinci Autoroutes - Vinci exploite la moitié du réseau autoroutier français - et de l'Association des sociétés françaises d'autoroutes (Asfa) qui l'annonce ce vendredi. A la question «Les hausses vont-elles se poursuivre dans les années à venir?», Pierre Coppey répond un lapidaire mais sans ambiguïté “oui”. Et d'expliquer: «Je sais qu'il faut le répéter, mais les tarifs ne sont que la résultante de l'indexation sur l'inflation, de la répercussion de la hausse de la fiscalité et la compensation des investissements consentis par les actionnaires, déclare-t-il dans une interview au Parisien-Aujourd'hui-en-France . (Les prix) sont régulés, contractuels et vérifiés par l'État». Pour rappel, les concessions autoroutières apportent au groupe Vinci 63 % de son résultat opérationnel (2,4 milliards d'euros sur 3,7 milliards) et plus de la moitié de son résultat net (1,1 milliard d'euros sur 2,1 milliards).

Et malgré les hausses répétées de ces dernières années (+2,06% en moyenne par an entre 2000 et 2006 et +1,8% entre 2007 et 2014, sans compter l'actuelle augmentation de 1,12%), le président de Vinci Autoroutes affirme que «les Français aiment l'autoroute». «Qu'il s'agisse de l'état de la chaussée, des conditions de circulation, de la fluidité lors du passage au péage ou de la signalisation, tous nos indices de satisfaction ont progressé depuis la privatisation», explique-t-il. Mais pas un mot sur la question des tarifs. Et sur ce sujet, il est fort à parier que, dans le contexte actuel, les Français affichent leur mécontentement. «Chacun préférerait que tout soit gratuit. Mais toutes les choses ont un prix», rétorque Pierre Coppey qui, par cette déclaration, concède donc à demi-mot que les automobilistes ne sont pas si contents que cela. Idem sur celle des surprofits dégagés par les concessionnaires depuis la privatisation des autoroutes il y a dix ans. «Il n'y a pas de sujet. Le débat est clos. Tout le monde a compris que les profits générés sont conformes à ce qui était prévu dans les contrats», assure Pierre Coppey.

Et histoire de faire passer la pilule, le président de l'Asfa rappelle que «les concessionnaires ont investi 20 milliards d'euros au cours de la décennie» et prévoit d'organiser, le dimanche 22 mai, une journée, baptisée «L'autoroute est à vous» pour «mieux faire comprendre (aux Français) le système des concessions» qu'il reconnaît être «complexe». Ce jour-là, «nous fermerons à la circulation une quinzaine de tronçons pour permettre aux usagers de découvrir les autoroutes autrement», ajoute-t-il.

En ce jour de signature de l'accord de la COP21, Pierre Coppey rappelle même à qui veut bien l'entendre que «les autoroutes sont écolos, si l'on compare l'impact environnemental de bus pleins roulant sur nos infrastructures à celui de trains circulant quasi à vide».

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