Le patron de Deutsche Bank et d'autres responsables seront jugés

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MUNICH (Reuters) - La justice allemande a décidé de poursuivre Jürgen Fitschen, co-président du directoire de Deutsche Bank, et quatre anciens responsables de la banque dans le cadre de la faillite de l'empire Kirch, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Cette décision annoncée par le tribunal régional de Munich après des mois de délibération était largement attendue mais elle constitue un coup dur pour Jürgen Fitschen et pour la première banque allemande, qui fait déjà l'objet d'enquêtes multiples, y compris sur des soupçons de manipulation des taux d'intérêt et des taux de change.

Un porte-parole de Deutsche Bank a dit que la banque ne commentait pas les affaires en cours. "La présomption d'innocence s'applique à tous les actuels et anciens membres du directoire", a-t-il dit.

Le procès, qui doit débuter le 28 avril, verra Jürgen Fitschen prendre place sur le banc des accusés aux côtés de ses prédécesseurs Josef Ackermann et Rolf Breuer et deux autres anciens membres du directoire.

Le ministère public veut savoir si Jürgen Fitschen, ses prédécesseurs et d'autres ont cherché à tromper la justice à l'occasion d'une procédure civile engagée par les héritiers du défunt magnat des médias Leo Kirch et qui fut close en février au terme de douze années d'affrontements et d'arguties judiciaires.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès des prévenus.

Deutsche Bank avait déjà dit être "convaincu que tout soupçon contre Jürgen Fitschen allait se révéler infondé".

Jürgen Fitschen et Anshu Jain ont pris les rênes de Deutsche Bank en 2012 en tant que co-présidents du directoire. Le duo a dû faire face aux poursuites héritées de la crise financière mondiale en tentant de répondre aux nouvelles exigences en termes de fonds propres imposées par les régulateurs.

Leo Kirch, décédé en 2011, imputait à Deutsche Bank la chute de son empire médiatique, déclenchant l'un des contentieux les plus âpres de l'histoire des entreprises en Allemagne, lequel s'est conclu par un compromis qui a coûté quelque 925 millions d'euros à la banque allemande.

L'année dernière, la BaFin, l'organisme de tutelle des banques allemandes, a fait savoir qu'elle ne prendrait aucune sanction contre Jürgen Fitschen si la cour décidait d'aller jusqu'au procès, ce qui lui a permis de continuer à diriger la banque tout en préparant sa défense.

(Jörn Poltz, Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique Tison)

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