Le Parlement européen adopte le compromis sur les biocarburants

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LE PARLEMENT EUROPÉEN ADOPTE LE COMPROMIS SUR LES BIOCARBURANTS
LE PARLEMENT EUROPÉEN ADOPTE LE COMPROMIS SUR LES BIOCARBURANTS

STRASBOURG (Reuters) - Le Parlement européen a donné son feu vert, mardi à Strasbourg, au plafonnement à hauteur de 7% de l’utilisation des carburants d’origine agricole à l’horizon 2020.

Ce taux d’utilisation des biocarburants dits de "première génération", s'inscrit dans le cadre de l'objectif européen de parvenir à ce que 10% des carburants destinés aux transports proviennent à cette date d'énergies renouvelables.

Cet objectif, fixé en 2009, était de remplacer les énergies fossiles par des productions agricoles afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter la dépendance énergétique de l’Union européenne envers ses fournisseurs extérieurs.

Il a été, depuis, critiqué en raison des risques de pression sur les prix alimentaires qu’entraînerait la conversion de grandes superficies de terres au profit de la production d’agro-carburants.

Le bilan environnemental de ces cultures très industrialisées, telles que celles du maïs ou du colza, est lui-même controversé, notamment en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

La Commission européenne avait en conséquence proposé de ramener la part des agro-carburants à 5% et d’encourager la production de biocarburants de seconde génération issus d’une biomasse non issue de terres cultivables telle que déchets, algues ou sous-produits forestiers.

Lors d’un vote en première lecture, le 13 septembre 2013, le Parlement européen, sensible au mécontentement des organisations agricoles, avait remonté ce plafond à 6%. Il avait également fixé à 2,5% l’objectif minimal d’utilisation des biocarburants de seconde génération.

Les Etats membres de l’UE, très partagés eux-mêmes sur le sujet, ne sont parvenus à un compromis qu’en juin dernier, fixant un plafond de 7% pour les agro-carburants et un objectif non contraignant de 0,5% pour les biocarburants non agricoles.

"Nous avions des objectifs beaucoup plus élevés. Tant en termes de réductions d'émissions de gaz à effet de serre qu'en matière de progrès technologique. Si l'Europe ne va pas de l'avant, elle restera à la traîne", a regretté après le vote le rapporteur du texte, Nils Torvalds, eurodéputé finlandais du groupe libéral-démocrate.

Selon des analystes, ce compromis ne permettrait pas d'atteindre le seuil des 10% visé d'ici à 2020.

Selon Eurostat, 5,1% des carburants destinés aux transports provenaient d'énergies renouvelables en 2012 au sein de l'UE.

(Gilbert Reilhac, édité par Yann Le Guernigou)

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