Le Panthéon, temple misogyne de la République

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Marie Curie dans son laboratoire, ici en 1896. Elle fut l'une des permières femmes à entrer au Panthéon.
Marie Curie dans son laboratoire, ici en 1896. Elle fut l'une des permières femmes à entrer au Panthéon.

Dans ce paradis républicain où nos héros reposent pour la gloire éternelle, il ne fait pas bon porter le jupon : où sont les femmes ? serait-on tenté de fredonner, si le sujet prêtait pas à rire... Elles ne sont pour l?instant que deux à se serrer entre les restes ou les mânes célébrés de leurs éminents voisins. Et encore ! La première d?entre elles à avoir eu l?honneur d?entrer sous les voûtes du Panthéon le fut parce la République lui accorda le droit d?accompagner son mari : quand le scientifique Marcelin Berthelot décède tout juste après son épouse, il avait bien précisé qu?il désirait être enterré aux côtés de celle qui avait tout partagé à ses côtés... C?est ainsi que Sophie Berthelot fut la première femme à reposer dans le Panthéon, au printemps 1907, « pour sa vertu conjugale », une façon de bien montrer qu?elle restait une exception, sinon une intruse, au sein du cénacle...

Elle devra en effet attendre près de 90 ans avant de partager cet honneur avec Marie Curie, « panthéonisée » en 1995. Vingt ans plus tard, François Hollande double leur présence au c?ur du temple républicain en faisant entrer deux grandes résistantes françaises, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz - et encore, les cercueils seront vides, les familles refusant le transfert des dépouilles. Quatre femmes en un siècle : pas de quoi pavoiser !

« Politiquer », une affaire...

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  • M940878 le mercredi 27 mai 2015 à 10:29

    tout cela pour des cercueils vides ! une plaque aurait suffit