Le Medef contre toute remise en cause du pacte de responsabilité

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LE MEDEF NE VEUT PAS QUE LE PACTE DE RESPONSABILITÉ SOIT REMIS EN CAUSE
LE MEDEF NE VEUT PAS QUE LE PACTE DE RESPONSABILITÉ SOIT REMIS EN CAUSE

PARIS (Reuters) - Toute remise en cause du pacte de responsabilité porterait un coup fatal à la confiance dont ont besoin les chefs d'entreprises pour investir et créer des emplois, a déclaré mardi le président du Medef Pierre Gattaz.

"Si on met en cause aujourd'hui le pacte de responsabilité, la confiance tombera immédiatement", a-t-il dit lors d'un point de presse, ajoutant qu'elle était un "élément essentiel pour que les employeurs et les investisseurs retrouvent le chemin de l'investissement et de l'emploi".

"Attention à ne pas jouer avec le pacte de responsabilité ou avec le Crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice) qui est à l'intérieur du pacte de responsabilité", a ajouté le patron des patrons.

En annonçant la semaine passée un nouveau dispositif fiscal pour favoriser l'investissement des entreprises, le Premier ministre Manuel Valls a estimé que "le compte n'y est pas" dans les accords sur l'emploi que doivent conclure les branches professionnelles en échange du Cice.

Des responsables de la majorité ont laissé entendre que les baisses d'impôts et de charges des entreprises programmées pour 2016 et 2017 n'étaient pas gravées dans le marbre et la motion portée par le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis en vue du prochain congrès du PS fait état d'une réorientation possible de celles-ci.

Pour Pierre Gattaz, le Cice et le pacte de responsabilité, qui représentent un effort de 41 milliards d'euros, doivent permettre d'abord de restaurer les marges des entreprises françaises, "qui sont les plus faibles d'Europe".

"PAS DE BOUTON VERT"

"On va mettre trois ans pour atteindre les 41 milliards de baisses, nous sommes au début de la première année et on nous demande aujourd'hui de créer de l'emploi demain matin. On n'a pas de bouton vert sur lequel on appuie pour créer de l'emploi", a-t-il déclaré.

"Ça va durer deux, trois ans, quatre ans. Et bien l'emploi se fera progressivement sur plus de trois ans", a ajouté le président du Medef.

Il s'exprimait à l'occasion de la présentation, par l'organisation patronale, d'une initiative en faveur de l'apprentissage, en baisse depuis deux ans en France malgré les ambitions affichées par le gouvernement.

Un total de 273.000 contrats ont été signés en 2013, soit 8% de moins qu'en 2012 et la baisse s'est prolongée en 2014 alors que le gouvernement en vise 500.000 annuellement.

La part des apprentis dans l'emploi salarié est revenue l'an passé à son niveau de 2005, à 1,67%, une baisse que le Medef attribue à une succession de mesures dissuasives comme la baisse des aides financières et un alourdissement de la réglementation.

Derrière la conjoncture difficile, la réglementation et les contraintes administratives sont les principaux freins à l'embauche d'apprentis invoqués par les entreprises dans un sondage Ipsos réalisé pour le Medef, les entreprises de petite taille étant nettement plus réticentes que les plus grandes.

Pour remédier à cette situation, le patronat avance une série de propositions comme l'obligation d'information des débouchés des cursus proposés à tous les niveaux de formation, la simplification des procédures, ou la participation des entreprises aux cartes régionales de formation.

Il souhaite en outre que les entreprises qui embauchent plus de 3% de leurs effectifs en alternance gardent la liberté d'affectation de leur taxe d'apprentissage.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • M7403983 le mardi 14 avr 2015 à 12:56

    Et il a raison ce Gattaz. CONFIANCE !!! L'emploi ne se décrète pas du jour au lendemain. Il n'y a que des politicards "mal intentionnés" pour vouloir encore se saisir de ce pompon rouge d'un autre temps !