Le lancement d'Écologistes! accentue la fracture verte

le
8
LE LANCEMENT D'ÉCOLOGISTES! ACCENTUE LA FRACTURE VERTE
LE LANCEMENT D'ÉCOLOGISTES! ACCENTUE LA FRACTURE VERTE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les dissidents d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont lancé officiellement samedi un nouveau parti, Écologistes!, avec l'ambition de refonder l'écologie politique en France et de participer au rassemblement de la gauche proposé par le PS.

Ses chefs de file, au premier rang desquels le député François de Rugy et le sénateur Jean-Vincent Placé, jugent suicidaire la stratégie d'alliance d'EELV avec l'extrême gauche, notamment pour les élections régionales de décembre.

C'est le cas dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où cette stratégie risque d'ouvrir la voie à une victoire de la présidente du Front national, Marine Le Pen.

"Une des choses qui nous inquiète beaucoup, avec les choix irresponsables d'EELV, c'est qu'il risque de ne plus y avoir d'élus écologistes dans certaines régions", a déclaré samedi François de Rugy à Reuters.

"Nous ne nous résignons pas à la fatalité de la division, ni à la disparition de l'écologie dans un certain nombre de régions, ni à la montée en puissance du FN", a-t-il ajouté.

Depuis que François de Rugy et Jean-Vincent Placé ont claqué la porte d'EELV cet été, d'autres cadres et élus écologistes ont pris leurs distances avec le parti dirigé par Emmanuelle Cosse et l'ancienne ministre du Logement Cécile Duflot.

Selon François de Rugy, 350 personnes s'étaient inscrites à la première rencontre nationale d'Écologistes! qui a eu lieu samedi, dans une dépendance de l'Assemblée nationale.

"C'est la première émergence collective de notre mouvement", a expliqué le député. "Beaucoup de personnes nous ont contactés depuis un mois et nous ont rejoints."

Un autre sénateur et quatre autres députés ont ainsi quitté EELV, dont Barbara Pompili, qui n'a cependant pas encore décidé de rallier le nouveau parti.

"Il y en a qui vont encore nous rejoindre. Simplement, il leur faut encore un peu de temps", dit François de Rugy, selon qui Écologistes! pourrait compter rapidement un millier de membres. "Ce sont les premières pierres d'une refondation."

EELV MENACÉ D'IMPLOSION

"Les Français qui votent écologiste ont envie d'avoir un parti qui leur ressemble, pragmatique et responsable et qui ne renvoie pas aux calendes grecques le fait de participer aux responsabilités", ajoute-t-il.

La crise couve depuis que Cécile Duflot et les partisans de sa ligne au sein d'EELV ont décidé en avril 2014 de ne plus participer au gouvernement de François Hollande et Manuel Valls.

Les dirigeants d'EELV ont minimisé jusqu'ici cette hémorragie, imputée par leur secrétaire nationale, Emmanuelle Cosse, au désaccord d'"anciens apparatchiks des verts" sur les alliances électorales nouées pour les régionales.

Mais selon un sondage Odoxa pour iTELE, 68% des Français estiment qu'EELV est menacé d'implosion.

Seuls les sympathisants d'EELV, évalués à 5% de la population française, croient encore majoritairement à sa survie (52%). Mais ils sont tout de même 44% à prédire une implosion.

"Les Français sont très lucides", dit François de Rugy. "On assiste à l'éclatement d'EELV sous nos yeux. EELV, c'est fini."

A l'opposé d'EELV, qui a exclu toute alliance de premier tour avec le Parti socialiste pour les régionales, la stratégie d'Écologistes! est une stratégie de rassemblement avec le PS.

"Nous souhaitons qu'il puisse y avoir des accords dans toutes les régions et des élus écologistes dans toutes les régions", dit François de Rugy, selon qui des discussions sont en cours avec les socialistes aux niveaux national et régional.

Il fait état d'un accord dans les Pays de la Loire, d'une alliance probable en Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine et de discussions "bien avancées" en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Rhône-Alpes-Auvergne.

Le nouveau parti militera aussi pour une stratégie de rassemblement avec le PS pour la présidentielle et les législatives de 2017, pour éviter une "Bérézina totale".

(édité par Gilles Trequesser)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • pepitobo le lundi 5 oct 2015 à 15:50

    logique...la soupe devenant moins copieuse a EELV les clients quittent la table pour celle des socialistes ou pour un nouveau restaurant qu'ils creent...a mon avis ce sera plutot une gargotte...

  • M3866838 le dimanche 4 oct 2015 à 10:21

    L'écologie n'est ni de gauche, ni de droite. Faire un parti gauchiste au nom de l'écologie est une imposture.

  • Berg690 le samedi 3 oct 2015 à 22:35

    Moins écologistes que politicards. La gerbe!

  • marigary le samedi 3 oct 2015 à 19:04

    Politique politicenne,ecolos bobos, socialistes, les républicains, N Sarkosy,F Hollande, arrivistes.....etc...Avec tout ça ,pas étonnant que le FN monte .Et aprés, les mêmes viendront nous expliquer que nous n'avons rien compris.

  • M3182284 le samedi 3 oct 2015 à 18:11

    Ce parti est celui de ceux qui veulent se faire servir la soupe en étant cooptés par le PS. Toutefois, le fait qu'il fasse pourrir le parti EELV dans les poubelles du communisme est un fond baptismal honorable.

  • wanda6 le samedi 3 oct 2015 à 17:59

    En fait leur seule motivation est d'assurer leur avenir et leur retraite. Le reste ils s'en foutent

  • wanda6 le samedi 3 oct 2015 à 17:58

    D'écologistes ils n'ont que l'étiquette. De politiques ils en sont des professionnels. Un nouveau parti ? A quelles fins ? Personnelles naturellement, alliance avec le PS pour avoir des postes ministérielles et/ou mandats d'élus. Il ne faut pas oublier qu'ils viennent d'un parti qui fait moins de 5% au niveau national et qui sont mieux représentés, proportionnellement, que d'autres qui font mieux.

  • aiki41 le samedi 3 oct 2015 à 17:51

    déjà : "participer au rassemblement de la gauche proposé par le PS." montre que ce nouveau parti dit écologiste n'en est pas un mais un énième parti de gauche. L'Ecologie appartient à tout le monde qu'il soit de droite ou de gauche, il ne peut être en aucun cas l'apanage de la gauche.