Le Kazakh Moukhtar Abliazov demande sa remise en liberté

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LA DEMANDE DE REMISE EN LIBERTÉ DE L'OLIGARQUE KAZAKH MOUKHTAR ABLIAZOV EXAMINÉE À LYON
LA DEMANDE DE REMISE EN LIBERTÉ DE L'OLIGARQUE KAZAKH MOUKHTAR ABLIAZOV EXAMINÉE À LYON

LYON (Reuters) - L'oligarque et opposant kazakh Moukhtar Abliazov a présenté jeudi une demande de remise en liberté devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon qui doit statuer sur les demandes d'extradition déposées par l'Ukraine et la Russie.

Moukhtar Abliazov est soupçonné par le Kazakhstan d'avoir détourné des fonds de la banque kazakhe BTA dont il était le dirigeant et l'actionnaire principal. La défense de BTA chiffre le préjudice à plus de six milliards de dollars.

En fuite après son éviction de la BTA en 2009, l'ancien ministre du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a été traqué jusqu'à son arrestation près de Nice le 31 juillet 2013. Il est incarcéré en France depuis cette date.

Il estime être victime d'un procès politique en évoquant l'acharnement du pouvoir politique en place.

Avant de statuer sur les demandes d'extradition, la chambre de l'instruction a examiné sa demande de remise en liberté.

L'oligarque a expliqué en russe à la barre n'avoir pas vu sa femme ni ses quatre enfants depuis 14 mois.

Il a assuré offrir "toutes les garanties" de représentation, en se disant prêt à une assignation à résidence, au port d'un bracelet électronique, à un contrôle judiciaire ainsi qu'au dépôt d'une caution de 200.000 euros.

Moukhtar Abliazov a fui la Grande-Bretagne clandestinement le 15 février 2012 pour trouver refuge en France. Il était détenteur d'un passeport centrafricain sous un autre nom lorsqu'il a été interpellé dans la région de Nice.

Sa demande de remise en liberté a été mise en délibéré au 6 octobre.

En janvier, la cour d'appel d'Aix-en-Provence s'était prononcée pour l'extradition vers la Russie ou l'Ukraine, avec une préférence pour la Russie.

Les juges avaient suivi l'avocate générale qui estimait que Moukhtar Abliazov devait être considéré davantage comme un "délinquant de grande envergure" que comme un opposant politique en danger d'être extradé ensuite vers son pays d'origine.

Mais pour les avocats de la défense, l'Ukraine et la Russie restent les "bras armés" du Kazakhstan, qui n'a pas de convention d'extradition avec la France et dont l'objectif serait d'obtenir le renvoi de l'oligarque vers son pays d'origine par des "voies détournées".

Le processus d'extradition avait été bloqué le 9 avril par la cour de cassation, qui a annulé les avis favorables rendus par la cour d'appel d'Aix-en-Provence et renvoyé le dossier devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon.

(Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse)

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