Le FN, en pole position, veut prendre le Nord

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LE FN FAVORI EN NORD-PAS-DE-CALAIS-PICARDIE
LE FN FAVORI EN NORD-PAS-DE-CALAIS-PICARDIE

par Pierre Savary

LILLE (Reuters) - Portée par les succès de l'extrême droite aux dernières élections locales, la présidente du Front national Marine Le Pen part favorite en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, troisième région de France avec près de six millions d'habitants.

Lors du scrutin départemental de mars, le FN est arrivé en tête dans les cinq départements qui composent cette nouvelle région : Nord, Pas-de-Calais, Aisne, Oise et Somme.

    Implantation locale, terreau social favorable dans des bassins industriels touchés par les restructurations, notoriété de sa présidente, le FN a tous les atouts pour faire tomber un bastion socialiste - la région Nord-Pas-de-Calais a toujours été dirigée par la gauche depuis sa création en 1982.

Marine Le Pen croise le fer avec l’ancien ministre du Travail "Les Républicains" Xavier Bertrand, député-maire de Saint-Quentin (Aisne), et le premier vice-président socialiste sortant de l’assemblée régionale du Nord, Pierre de Saintignon, poussé par Martine Aubry qui ne souhaitait pas se présenter.

Face à la menace FN, les pressions se sont multipliées pour que la maire de Lille prenne la tête des listes PS-PRG-MRC, au risque de déstabiliser Pierre de Saintignon, mais l'ancienne ministre a refusé, balayant les "bruits de cour parisiens".

La gauche est affaiblie par des divisions locales : Europe Ecologie-Les Verts et le Parti de gauche ont constitué des listes dissidentes emmenées par l’écologiste Sandrine Rousseau, vice-présidente de la région, et le Parti communiste se présente seul sous la houlette de Fabien Roussel.

C'est une région économiquement sinistrée qui votera, avec un taux de chômage de 12,5%, au-dessus de la moyenne nationale.

L'EMPLOI AU COEUR DE LA CAMPAGNE

L'emploi s'est de fait imposé comme le sujet majeur de la campagne.

Chargé de l’action économique, Pierre de Saintignon espère capitaliser sur son bilan: "La région a créé des emplois l’an dernier, davantage qu’il n’en a été détruit, nous allons continuer en favorisant l’embauche directe des jeunes demandeurs d’emploi en entreprises grâce au dispositif 'Direct Jeune'".

Il met aussi en avant les grands travaux régionaux pour relancer l’emploi.

    Xavier Bertrand plaide lui pour l’apprentissage.

"L’apprentissage sera la priorité de l’action régionale pour éviter le chômage aux jeunes de la région; 37.000 jeunes sont en apprentissage, on peut viser 60.000 apprentis", explique l'ancien ministre du Travail, par ailleurs candidat à la primaire à droite pour l'élection présidentielle de 2017.

"L’objectif, c’est que chaque jeune qui en fera la demande puisse avoir un contrat d’apprentissage", souligne-t-il.

Marine Le Pen souhaite pour sa part "que chaque euro investi par la région le soit pour des entreprises de la région" et s’en remet à son programme national. Elle répète qu’en cas d’élection, la région coupera toute subvention aux associations d’aide aux migrants.

Selon un sondage OpinionWay réalisé du 17 au 20 novembre, le FN est donné gagnant dans l'hypothèse d'une triangulaire au second tour avec 43% des voix (27% pour la gauche, 30% pour la droite).

Dans l'hypothèse d'un duel gauche-FN, Marine Le Pen s'imposerait avec 54% des voix contre 46%. Dans le cas d'un duel droite-FN, la présidente du FN et Xavier Bertrand seraient à égalité 50%-50%.

En cas de triangulaire, Xavier Bertrand a assuré qu'il serait "présent au second avec la même liste et les mêmes idées". Quant à Pierre de Saintignon, qui a marqué un fort agacement après l'exhortation de Manuel Valls à "tout faire" pour empêcher une victoire du FN, il a refusé de se placer dans cette hypothèse.

(Edité par Sophie Louet)

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