Le FN cible le Var et le Vaucluse aux départementales

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VAR ET VAUCLUSE DANS LE VISEUR DU FN AUX DÉPARTEMENTALES
VAR ET VAUCLUSE DANS LE VISEUR DU FN AUX DÉPARTEMENTALES

par Jean-François Rosnoblet

LE LUC-EN-PROVENCE, Var (Reuters) - A moins de quinze jours du premier tour des élections départementales, le Front national accentue sa pression dans le Var et le Vaucluse, des terres qui lui ont souvent offert ses plus grands succès électoraux.

Le scrutin des 22 et 29 mars pourrait confirmer sa poussée enregistrée l'an dernier, des élections municipales aux sénatoriales en passant par les européennes, qui ont vu le FN virer en tête dans les deux départements.

"L'objectif est surtout de poursuivre notre implantation et de mailler les territoires, comme on l'a fait lors des scrutins précédents, pour préparer la victoire à l'élection présidentielle", dit à Reuters le maire de Fréjus, David Rachline, l'un des deux sénateurs du parti de Marine Le Pen.

Sur ce terroir méridional, le parti créé par Jean-Marie Le Pen a notamment ravi en 2014 trois mairies dans le Var (Fréjus, Cogolin, Le Luc-en-Provence) et une dans le Vaucluse.

Le conseil d'Etat a depuis annulé l'élection du maire du Pontet (Vaucluse), Joris Hébrard, qui s'était imposé par sept voix d'écart sur son adversaire UMP.

Aux élections européennes qui ont suivi, le parti frontiste a fait 36,42% des voix dans le département où Marion Maréchal-Le Pen est élue députée depuis 2012, et à peine moins bien dans le Var, avec 34,96%.

"Je m'inscris dans une démarche d'implantation à long terme", explique-t-elle à Reuters.

 

"DIVINE SURPRISE"

Figure emblématique de cette nouvelle génération "frontiste", elle n'hésite pas à battre la campagne hors de ses terres pour soutenir les candidats du département voisin, comme samedi dernier au Luc-en-Provence aux côtés de David Rachline.

"Ce serait une divine surprise que l'on accroche un département, ce serait aussi une réussite surprenante vu le caractère compliqué de ce scrutin pour notre parti", souligne le parlementaire varois.

Le parti de Marine Le Pen poursuit son travail de fond basé sur une stratégie mieux huilée à chaque consultation. Un scénario de conquête qui mêle habilement préoccupations locales, comme l'inquiétude face au redécoupage engendré par la réforme territoriale, aux thèmes récurrents du mouvement frontiste que sont l'insécurité et l'immigration.

"Notre combat est identitaire. Il n'y a pas que du noir dans l'Histoire de France", dit Marion Maréchal-Le Pen, qui fustige une "classe politique" qui n'a "d'autre programme que de battre le Front national".

"Après avoir créé des superpuissances régionales, l'idée est de vider les départements de leur substance pour briser le lien affectif et charnel des Français avec leurs territoires."

Dans ce Vaucluse qui a dérogé à la règle commune en échappant à la réduction de moitié de ses cantons (passés de 24 à 17), la progression du FN devrait lui permettre de conquérir quelques places fortes majoritairement détenues par la gauche.

 

LA CONCURRENCE DE LA LIGUE DU SUD

Le parti devra toutefois composer avec la Ligue du Sud, le mouvement d'extrême droite de l'ex-frontiste Jacques Bompard, qui présente ou soutient des candidats dans six cantons.

Après un pacte tacite de non-agression qui a permis à la Ligue du Sud de gagner la mairie de Camaret-sur-Aigues avec l'appui du FN, le désaccord récent entre les deux formations a sans doute coûté un siège de sénateur au Rassemblement Bleu Marine en septembre dernier.

Le maire d'Orange a toutefois annoncé qu'il appellerait à l'union des droites entre les deux tours.

Marine Le Pen, qui a fait du Vaucluse l'une de ses cibles prioritaires, pense pouvoir faire bouger les lignes d'un échiquier politique dominé par la gauche.

Dans le Var, le FN a également mis un pied dans l'hémicycle départemental avec l'élection de son deuxième et dernier conseiller général, Laurent Lopez, dans le canton de Brignoles.

L'objectif avoué est de bousculer la majorité détenue jusqu'ici par la droite, voire de la priver du pouvoir départemental en s'emparant d'autres cantons.

"Dans le Var comme dans le Vaucluse, nous devons amplifier notre implantation locale. Nous devons gagner toutes les élections car nous ne pourrons pas changer les choses petit à petit", résume Marc-Etienne Lansade, maire de Cogolin, l'une des trois villes gérées par le FN dans le Var.

 

(édité par Yves Clarisse)

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