Le Défenseur des droits se saisit du sort d'un bébé Rom

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LE DÉFENSEUR DES DROITS OUVRE UNE ENQUÊTE SUR LE SORT D'UN BÉBÉ ROM
LE DÉFENSEUR DES DROITS OUVRE UNE ENQUÊTE SUR LE SORT D'UN BÉBÉ ROM

PARIS (Reuters) - Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a annoncé dimanche soir l'ouverture d'une enquête sur le cas d'un nourrisson Rom décédé le 26 décembre dont l'inhumation aurait été refusée par la commune où vit sa famille, près de Paris.

Le refus présumé de Christian Leclerc, maire divers droite de Champlan (Essonne), qui dément formellement s'être opposé à l'inhumation de la fillette de deux mois et demi, a été dénoncé par Manuel Valls comme "une injure à ce qu'est la France".

Interpellé par des associations, Jacques Toubon, qui se dit "bouleversé" en tant qu'homme, s'est saisi de l'affaire mais a refusé de prendre parti.

"Je vais (...) dès demain matin lancer un certain nombre d'investigations et rechercher toutes les informations utiles auprès de toutes les personnes", a-t-il précisé sur Europe 1.

"La règle du Défenseur des droits, c'est le contradictoire, le refus d'avoir un préjugé en faveur des uns ou des autres", a-t-il ajouté, rappelant que le code général des collectivités locales impose aux communes de consentir une sépulture à toute personne qui résidait sur son territoire quand bien même cette dernière serait décédée dans une autre localité.

La famille de la petite Maria Francesca, née le 14 octobre et décédée de la mort subite du nourrisson dans la nuit du 25 au 26 décembre à l'hôpital de Corbeil-Essonnes, était installée depuis plus d'un an dans un campement précaire de Champlan.

"MASCARADE"

L'information a été publiée samedi par Le Parisien dans lequel l'élu soulignait l'absence de places disponibles dans le cimetière local. "Les concessions sont accordées à un prix symbolique et l'entretien coûte cher, alors priorité est donnée à ceux qui paient leurs impôts locaux", expliquait-il.

Dimanche, Christian Leclerc a démenti cette version des faits alors que les réactions du monde politique, à gauche comme à droite, et des associations se multipliaient dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Après la secrétaire d'Etat à la Famille, Laurence Neuville, qui s'est émue samedi d'"une inhumaine humiliation", c'est le Premier ministre qui est intervenu à son tour sur Twitter : "Refuser la sépulture à un enfant en raison de son origine : une injure à sa mémoire, une injure à ce qu'est la France".

"La commune de Champlan, et son maire en particulier, ne se sont jamais opposés à l'inhumation de cette enfant sur la commune. C'est un malheureux enchaînement de faits", a témoigné sur BFM TV Christian Leclerc, en vacances au moment des faits.

"J'aimerais bien que cette mascarade et cette mayonnaise qui est en train de monter dans les médias et dans les réseaux sociaux cessent tout de suite, parce que sinon j'attaquerai sur le plan de la diffamation", a-t-il ajouté.

Pour Loïc Gandais, président de l'Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms (Asefrr), qui s'occupe notamment de la famille de la défunte, "c'est parole contre parole".

"On ne va pas rentrer dans un jeu polémique et médiatique. (...) On s'en remet à la sagesse de M. Toubon pour faire toute la lumière là-dessus", a-t-il dit sur BFM TV.

La petite fille sera inhumée lundi à Wissous, une commune proche de Champlan.

(Sophie Louet)

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  • DEXIA05 le lundi 5 jan 2015 à 08:05

    Ce qui est regrettable, en dehors de la douleur réelle de la famille. C'est de voir à quel point associations (soit disant humanitaires) et politiciens utilisent des faits divers qu'ils n'hésitent pas à travestir pour faire parler d'eux. Ces gens sont à vomir !