Le chômage contrecarre la pré-campagne de Hollande pour 2017

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LE CHÔMAGE CONTRARIE LA PRÉ-CAMPAGNE LANCÉE PAR FRANÇOIS HOLLANDE POUR 2017
LE CHÔMAGE CONTRARIE LA PRÉ-CAMPAGNE LANCÉE PAR FRANÇOIS HOLLANDE POUR 2017

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - L'échec manifeste de François Hollande sur le front du chômage, dont le recul est une priorité du quinquennat et la "condition" d'une nouvelle candidature en 2017, obscurcit la pré-campagne lancée par le président à la reconquête de son électorat perdu.

"Si, après cinq ans, un président de la République n'arrive pas à atteindre l'objectif qu'il s'est fixé pour être élu, et bien, il ne peut pas être de nouveau candidat à la responsabilité suprême du pays", avait répété le président le 5 février dernier lors d'une conférence de presse.

Or, en trois ans, depuis mai 2012, le nombre de demandeurs d'emplois en France a augmenté de plus de 612.000 unités.

De quoi miner le moral des Français et vider de sens les discours triomphalistes évoquant une conjoncture économique meilleure sur fond de taux d'intérêts historiquement bas, de recul de l'euro face au dollar et de chute des prix du pétrole.

Au lendemain de l'affichage d'un nouveau record de demandeurs d'emploi, des proches du président ont été envoyés au front pour tenter de limiter les dégâts provoqués par un phénomène qui a résisté à toutes les mesures lancées depuis 2012, ce que l'opposition exploite évidemment.

Le ministre du Travail, François Rebsamen, selon lequel la création d'emplois ne se fait que dans un second temps, après la reprise de la croissance économique, a annoncé pour l'an prochain 100.000 emplois aidés de plus.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a menacé le patronat d'une réorientation du pacte de responsabilité, qui prévoit des baisses de charges et de fiscalité, si le compte n'y était pas en termes de créations d'emploi.

"ON A UN CANDIDAT NATUREL"

Ces mauvais chiffres contrarient la séquence de reconquête des Français, de l'électorat de gauche en particulier, entamée mi-mai par François Hollande, dans une période dénuée de pression électorale marquée par la préparation du congrès du Parti socialiste, à la fin de la semaine à Poitiers.

Après l'adoption par 60% des militants de la motion favorable à la politique menée par l'exécutif, une ministre prédit un congrès "banal, pré-présidentiel".

"On a un candidat naturel, sauf s'il décide de ne pas y aller", dit-elle, tout en affirmant n'avoir "aucun doute" sur le désir du président de se remettre dans la course.

"La question était de voir si la ligne social-démocrate était actée, c'est le cas. La préparation de la présidentielle se passe bien. Si le président de la République y va, il y aura un rassemblement".

S'il balaye en public toute allusion à 2017, François Hollande avoue en privé avoir entamé une "campagne d'explication" pour remobiliser son camp.

A Carcassonne et à Limoges, bastions de gauche où les déçus du "hollandisme" sont nombreux, il a défendu son bilan, promettant d'avoir été fidèle aux promesses faites au Bourget début 2012 et d'avoir engagé des réformes utiles au pays.

L'explication de texte se poursuivra jeudi à Marseille, le 12 juin à Nantes et Angers ou encore 14 juin à Bordeaux.

La reconquête est aussi personnelle pour le président qui a perdu quelques points dans les sondages d'opinion depuis la petite embellie liée à la vague d'attentats de janvier.

HOLLANDE "REPREND LANGUE" AVEC LES FRANÇAIS

Un proche note que François Hollande n'essuie aucun sifflet lorsqu'il se déplace au théâtre ou au Stade de France. Pas de remous non plus lors de la remontée de la rue Soufflot mercredi dernier, avant son discours sur la Résistance au Panthéon.

"François Hollande reprend langue avec les Français", analyse une ministre. "On voit clairement qu'on entre dans une phase nouvelle de pré-campagne sur le thème 'bilan et perspectives'. Il faut démonter le discours qui dit que rien n'a été fait, que la France est empêtrée".

Si l'entourage du président répète que parler de campagne est hors sujet, les élus socialistes sont dans les starting blocks face à une droite réorganisée au sein des Républicains.

"Une campagne électorale, ça ne se prépare pas en 2017. Il faut deux ans. On est à deux ans, c'est parti", dit un sénateur.

Parmi les grands moments des 24 mois à venir figurent le vote du budget 2016, qui s'annonce difficile, la conférence sur le Climat de Paris fin 2015 et les élections régionales de décembre qui donneront le poids de chaque force politique en présence à 18 mois de l'élection "reine".

Le chantier compliqué de l'introducti

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - L'échec manifeste de François Hollande sur le front du chômage, dont le recul est une priorité du quinquennat et la "condition" d'une nouvelle candidature en 2017, obscurcit la pré-campagne lancée par le président à la reconquête de son électorat perdu.

"Si, après cinq ans, un président de la République n'arrive pas à atteindre l'objectif qu'il s'est fixé pour être élu, et bien, il ne peut pas être de nouveau candidat à la responsabilité suprême du pays", avait répété le président le 5 février dernier lors d'une conférence de presse.

Or, en trois ans, depuis mai 2012, le nombre de demandeurs d'emplois en France a augmenté de plus de 612.000 unités.

De quoi miner le moral des Français et vider de sens les discours triomphalistes évoquant une conjoncture économique meilleure sur fond de taux d'intérêts historiquement bas, de recul de l'euro face au dollar et de chute des prix du pétrole.

Au lendemain de l'affichage d'un nouveau record de demandeurs d'emploi, des proches du président ont été envoyés au front pour tenter de limiter les dégâts provoqués par un phénomène qui a résisté à toutes les mesures lancées depuis 2012, ce que l'opposition exploite évidemment.

Le ministre du Travail, François Rebsamen, selon lequel la création d'emplois ne se fait que dans un second temps, après la reprise de la croissance économique, a annoncé pour l'an prochain 100.000 emplois aidés de plus.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a menacé le patronat d'une réorientation du pacte de responsabilité, qui prévoit des baisses de charges et de fiscalité, si le compte n'y était pas en termes de créations d'emploi.

"ON A UN CANDIDAT NATUREL"

Ces mauvais chiffres contrarient la séquence de reconquête des Français, de l'électorat de gauche en particulier, entamée mi-mai par François Hollande, dans une période dénuée de pression électorale marquée par la préparation du congrès du Parti socialiste, à la fin de la semaine à Poitiers.

Après l'adoption par 60% des militants de la motion favorable à la politique menée par l'exécutif, une ministre prédit un congrès "banal, pré-présidentiel".

"On a un candidat naturel, sauf s'il décide de ne pas y aller", dit-elle, tout en affirmant n'avoir "aucun doute" sur le désir du président de se remettre dans la course.

"La question était de voir si la ligne social-démocrate était actée, c'est le cas. La préparation de la présidentielle se passe bien. Si le président de la République y va, il y aura un rassemblement".

S'il balaye en public toute allusion à 2017, François Hollande avoue en privé avoir entamé une "campagne d'explication" pour remobiliser son camp.

A Carcassonne et à Limoges, bastions de gauche où les déçus du "hollandisme" sont nombreux, il a défendu son bilan, promettant d'avoir été fidèle aux promesses faites au Bourget début 2012 et d'avoir engagé des réformes utiles au pays.

L'explication de texte se poursuivra jeudi à Marseille, le 12 juin à Nantes et Angers ou encore 14 juin à Bordeaux.

La reconquête est aussi personnelle pour le président qui a perdu quelques points dans les sondages d'opinion depuis la petite embellie liée à la vague d'attentats de janvier.

HOLLANDE "REPREND LANGUE" AVEC LES FRANÇAIS

Un proche note que François Hollande n'essuie aucun sifflet lorsqu'il se déplace au théâtre ou au Stade de France. Pas de remous non plus lors de la remontée de la rue Soufflot mercredi dernier, avant son discours sur la Résistance au Panthéon.

"François Hollande reprend langue avec les Français", analyse une ministre. "On voit clairement qu'on entre dans une phase nouvelle de pré-campagne sur le thème 'bilan et perspectives'. Il faut démonter le discours qui dit que rien n'a été fait, que la France est empêtrée".

Si l'entourage du président répète que parler de campagne est hors sujet, les élus socialistes sont dans les starting blocks face à une droite réorganisée au sein des Républicains.

"Une campagne électorale, ça ne se prépare pas en 2017. Il faut deux ans. On est à deux ans, c'est parti", dit un sénateur.

Parmi les grands moments des 24 mois à venir figurent le vote du budget 2016, qui s'annonce difficile, la conférence sur le Climat de Paris fin 2015 et les élections régionales de décembre qui donneront le poids de chaque force politique en présence à 18 mois de l'élection "reine".

Le chantier compliqué de l'introduction du prélèvement de l'impôt à la source, évoqué par le président à Carcassonne, pourrait être lancé avant la fin du quinquennat.

"Un engagement important aura été tenu", dit un sénateur socialiste, faisant mine d'oublier la promesse numéro un du président-candidat : faire baisser le chômage, sans quoi sa candidature pourrait être contestée à gauche.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • neutro le mardi 2 juin 2015 à 15:47

    Et dire que ces socialos trouvaient que N.Sarkozi mêlait trop facilement sa campagne et ses fonctions de président et maintenant, l'incapable fait bien pire et plus longtemps mais bien sûr, personne ne trouve cela révoltant....

  • M940878 le mardi 2 juin 2015 à 15:03

    il n'a tout de même pas la prétention de se représenter 81% des français n'en veulent pas

  • janaliz le mardi 2 juin 2015 à 15:01

    Le pi.tre pense qu'on va le réélire....

  • xk8r le mardi 2 juin 2015 à 14:51

    les so ces doivent partir et le plus vite sera le mieux !