Le cabillaud dépasse le saumon dans l'assiette des Français

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Le saumon, dont la consommation augmente dans le monde, a souffert de la forte hausse de son prix.

Le saumon aurait-il perdu de sa superbe? Il a laissé sa place de premier poisson consommé en France - 20 % du poisson frais -, au profit du cabillaud. En effet, selon FranceAgriMer, l'organisme public des statistiques agricoles et piscicoles, cité par l'AFP, «les achats de saumon frais ont reculé de 25 % entre mars 2013 et mars 2014, ceux de saumon fumé de 12 %». En revanche, «les Français ont acheté 13 % de cabillaud de plus que l'année précédente». Ses importations ont augmenté de 50 % en volume alors que celle de saumon ont reculé de 5 % sur la même période.

Deux raisons expliquent cette désaffection. La première est d'ordre économique. Les cours du saumon ont explosé à cause d'une augmentation du cours de l'alimentation animale et de l'accroissement de la demande mondiale. Selon la FAO, la consommation de poisson, dont celle de saumon, a doublé dans le monde sur les cinq dernières décennies. Résultat: le prix moyen du saumon entier congelé importé sur le marché français a augmenté de 33 % en un an. En comparaison, le cabillaud dont les ressources sont abondantes et qui n'est pas un poisson d'élevage subissant la variation des matières premières a vu son prix en France baisser de 3 % l'an dernier.

Scandale sanitaire

La seconde raison est d'ordre psychologique. «L'essentiel du saumon consommé en France vient des élevages norvégiens de mer du Nord, indique Benoît Lobez, journaliste et spécialiste de l'activité économique de la Côte d'Opale. Le reportage sur France 2 en novembre 2013 sur les conditions d'élevage en Norvège et les risques encourus pour la consommation humaine ont fait chuter sa consommation.» Un constat que dressent aussi les restaurateurs. «Depuis le scandale du saumon, nos clients font plus confiance au cabillaud et l'on vend moins de plats avec du saumon», indique Pascal, restaurateur à Paris. Ainsi, selon FranceAgriMer, «le cabillaud a pris jusqu'à sept points d'écart avec le saumon dans la part d'achats de poisson frais des Français».

Les autres produits de la mer comme les coquillages ont vu eux aussi leur consommation reculer mais plus légèrement, entre 4 et 5 % pour les saint-jacques et les moules et jusqu'à 16 % pour les crevettes. «Ce n'est pas tant la crise mais le beau temps en mars et avril qui a fait diminuer légèrement nos ventes, explique au Figaro Véronique Gillardeau, patronne des huîtres éponymes. Curieusement, on préfère consommer des fruits de mer quand il fait moins beau.» Il en faut pour tous les goûts!

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