Larossi Abballa, un jeune qui voulait "chasser les kouffars"

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LAROSSI ABBALLA, UN JEUNE QUI VOULAIT "CHASSER LES KOUFFARS"
LAROSSI ABBALLA, UN JEUNE QUI VOULAIT "CHASSER LES KOUFFARS"

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - L'homme de 25 ans soupçonné d'avoir tué à l'arme blanche un couple de policiers français menaçait dès 2011 de partir "à la chasse" aux mécréants.

Ce Français d'origine marocaine, tué lors de l'assaut des forces de l'ordre, a dit aux négociateurs du Raid avoir prêté allégeance à l'Etat islamique trois semaines avant son attaque contre les policiers à Magnanville (Yvelines), lundi soir.

Mais ses vélléités djihadistes sont plus anciennes.

Le 30 septembre 2013, Larossi Abballa, connu pour plusieurs faits de vol, est condamné à trois ans de prison dont six mois avec sursis pour sa participation à une filière d'acheminement de djihadistes vers le Pakistan.

Les charges qui pèsent alors sur lui sont "ténues", se souvient Marc Trévidic, ex-juge antiterroriste qui l'a interrogé et mis en examen.

C'était "un bonhomme comme il en pullule dans les dossiers islamistes : imprévisible, dissimulateur", dit-il au Figaro.

"Il voulait faire le djihad, c'est certain. (...) Mais concrètement, à l'époque, à part ses mauvaises fréquentations et quelques joggings pour entretenir sa forme, il n'y avait pas grand-chose à lui reprocher au strict plan des poursuites pénales."

Certains de ses propos, rapportés à Reuters de sources judiciaire et proche du dossier, sont toutefois violents.

ÉGORGEMENT DE LAPINS

En 2011, après son arrestation, le jeune homme menace ainsi l'avocat d'une autre personnes mise en examen de "faire tomber sa tête".

En février de la même année, il écrit au numéro deux du réseau dont il fait partie qu'il "faut commencer le taf". A ce Franco-Marocain qui l'interroge sur le sens de ses propos, il précise : "nettoyage de kouffars (mécréants-NDLR)."

"On va pas attendre d'être tous allés chez les frères et revenir chacun notre tour pour commencer", ajoute-t-il avant de lancer, un mois plus tard : "Ne t'étonne pas si je quitte la Jama'a (communauté-NDLR) et que je vais à la chasse aux kouffars".

L'avocat d'un de ses co-mis en examen se souvient d'un individu "prêt à faire de l'excès de zèle".

Reste que d'un point de vue judiciaire, Larossi Abballa s'est contenté de suivre des entraînements physiques et des séances d'endoctrinement lors de quatre réunions en mars et avril 2011 dans des parcs, à Argenteuil (Val-d'Oise) et la Courneuve (Seine-Saint-Denis).

Tandis que deux membres de son groupe ont rejoint Lahore via Bruxelles, lui est "resté sagement en France", souligne Marc Trévidic.

Larossi Abballa, "faisait partie de ceux qui avaient dit 'moi, je suis prêt à y aller'", souligne toutefois une source proche du dossier.

En février 2011, alors qu'un membre du réseau lui parle d'un prochain départ en avril, il se montre "particulièrement impatient de partir", rapporte une source judiciaire. "S'il vous plaît, laissez-moi y aller, svp, svp, svp", lui dit-il.

Au cours de l'enquête, plusieurs mis en examen racontent par ailleurs qu'il a participé, en décembre 2010, à une séance d'égorgement de lapins vivants, dans la forêt de Cormeilles-en-Parisis (Val-d'Oise).

L'objectif de cette séance - un moment de "convivialité", selon un participant - était de s'entraîner à l'égorgement du mouton, pour la fête de l'Aïd, assure aux enquêteurs l'un des mis en cause.

"L'EURO SERA UN CIMETIÈRE"

Mais un autre, chargé par le chef de bande de montrer le geste à ses camarades, se montre plus perplexe. "J'ai trouvé que nous étions loin de la période de l'Aïd et j'ai eu des doutes sur les intentions réelles de (Mohamed) Niaz (Abdul Raseed)", le ressortissant indien à la tête du réseau, dit-il aux enquêteurs.

"Je me suis fait peur en pensant que je pouvais enseigner le sacrifice d'animaux à des gens qui pouvaient utiliser cette technique pour égorger des êtres humains", ajoute-t-il.

Pour ses compagnons de route, aucun doute, Larossi Abballa a rejoint cette filière avec l'intention de partir faire le djihad, parce qu'il était "touché par l'oppression du peuple musulman".

Incarcéré de mai 2011 à septembre 2013 - il sera libéré à l'issue de son procès, ayant purgé l'intégralité de sa peine en détention provisoire -, il se fait remarquer par l'administration pénitentiaire pour son "prosélytisme d'islamisme radical", d'après le procureur de Paris.

Mais il se fait par la suite oublier des autorités, et répond à toutes les obligations de son sursis avec mise à l'épreuve jusqu'en novembre 2015.

En février 2016, son nom réapparaît sur le bureau d'un juge d'instruction, dans l'enquête sur une filière de départ de djihadistes vers la Syrie. Mais son placement sur écoute ne révèle aucun projet violent.

Jusqu'à cette revendication vidéo de douze minutes, envoyée lundi à 20H52, à une centaine de contacts via Facebook.

"Vous nous avez fermé les portes de la hijra (émigration vers un pays musulman-NDLR), nous ouvrons les portes du djihad sur votre territoire", y dit le tueur en s'adressant aux autorités françaises. "Pour l'Euro, on vous réserve d'autres surprises, je ne vous en dis pas plus, l'Euro sera un cimetière."

(Edité par Yves Clarisse)

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  • M2801849 il y a 9 mois

    Un brave gars rempli de compassion et d'amour pour son prochain......comme tous ses potes......

  • rraclot il y a 9 mois

    Demain la "gauche diverse va organiser une manifestation " comme à son habitude " en l'honneur de ces malheureuses victimes.. C'est à pleurer !!! Après cela on aura tout fait ? Heureusement il y a les voisins et leurs collègues ! Moi ! Je reste chez moi, mais je n'oublie pas.

  • rraclot il y a 9 mois

    Tout le monde est content "...." Le Maghreb est bel et bien représenté aux jeux de "l'Euro"