La Ville de Paris fait de la résistance au travail le dimanche

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LA VILLE DE PARIS SE PRÉPARE À UN BRAS DE FER AVEC LE GOUVERNEMENT SUR LE TRAVAIL DOMINICAL
LA VILLE DE PARIS SE PRÉPARE À UN BRAS DE FER AVEC LE GOUVERNEMENT SUR LE TRAVAIL DOMINICAL

PARIS (Reuters) - La Ville de Paris s'apprête à engager un bras de fer avec le gouvernement sur l'ouverture des commerces le dimanche, après la remise à sa maire socialiste d'un rapport hostile à l'extension des zones touristiques et à l'ouverture des grands magasins.

Le projet de loi pour la croissance et l'activité que le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, présentera la semaine prochaine en conseil des ministres prévoit d'étendre largement l'ouverture des commerces le dimanche.

Dans la version envoyée au Conseil d'Etat, il rend possible la création de nouvelles "zones touristiques internationales" par décret ministériel, qui concerne en premier lieu la capitale et sa trentaine de millions de visiteurs par an.

Cette mesure permettrait d'étendre à l'ensemble de Paris le régime dérogatoire autorisant l'ouverture des commerces tous les dimanches de l'année, dont bénéficient déjà sept secteurs dont les Champs-Elysées ou le Marais, mais pas le boulevard Haussmann et ses grands magasins.

La Ville a soufflé le chaud et le froid sur le sujet : en 2010, elle s'était opposée à ce que le nombre de zones soit plus élevé. Durant sa campagne victorieuse pour les municipales de mars dernier, Anne Hidalgo avait dit ne pas exclure une extension des zones touristiques, sous conditions.

Depuis, la maire de Paris a changé d'avis et une mission d'information conduite par Bernard Gaudillère, l'ex-adjoint aux Finances de son prédécesseur Bertrand Delanoë, devait lui rendre mercredi un rapport s'opposant à la création de nouvelles zones touristiques et à l'ouverture des grands magasins.

Cette position divise les élus parisiens, notamment au PS où s'opposent adversaires du travail le dimanche, soutenus par les Verts et le Front de gauche, et partisans appuyés par la droite et certains députés, tels le socialiste Christophe Caresche.

"Le sujet à Paris, c'est le tourisme international et je pense que c'est une erreur de se priver de cette manne", a dit le député sur France Inter.

STATU QUO SUR LES HEURES DE NUIT

Mais le document, dont plusieurs médias se sont fait l'écho et que l'Opinion a publié sur son site internet, juge les arguments économiques en faveur de l'ouverture des commerces le dimanche "discutables".

"Personne ne peut soutenir que le degré actuel d'ouverture dominicale ne répond pas aux besoins des Parisiens", y lit-on.

Selon ce document, 20% à 25% des commerces sont ouverts à Paris le dimanche et "couvrent la totalité des besoins de la vie courante". Quant aux touristes, ils seraient 92% à se dire satisfaits du "shopping parisien".

Le rapport préconise donc des évolutions très limitées, fondées sur un "refus d'une généralisation du travail dominical" et une "absolue nécessité d'une régulation politique locale".

Ses auteurs refusent donc la création de nouvelles zones touristiques, jugent l'ouverture des grands magasins le dimanche "pas nécessaire" et consentent seulement à étendre la zone "Francs-Bourgeois", celle du Marais, en réclamant la fermeture de celle du Viaduc des Arts (XIIe arrondissement).

Ils concèdent en revanche que l'ouverture des commerces le dimanche dans les gares pourrait être opportune comme "facteur de vie et de sécurité" et préconisent de les assimiler, dès lors qu'elles ont une clientèle internationale, aux aéroports.

Le rapport voit encore dans le passage de cinq dimanche à la discrétion du maire à 12 un "équilibre acceptable" mais réclame le premier magistrat soit aussi décideur à Paris, où le préfet a autorité en la matière.

Enfin, les auteurs préconisent un statu quo sur les heures d'ouverture nocturne, que le projet de loi prévoit d'étendre.

(Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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