La SNCF rend les échanges de billets payants à partir du 1er mai

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À partir de dimanche, il faudra débourser de 5 à 15 euros pour un échange effectué plusieurs semaines avant le départ ou son jour même.

La SNCF veut améliorer le taux d'occupation de ses trains à grande vitesse. Et pour cela, durcit sa politique d'échange et de remboursement des billets. Fin janvier, la compagnie ferroviaire avait annoncé que ses commerciaux travaillaient sur le moyen de faire évoluer son «yield management», le système qui consiste à ajuster les tarifs des billets en fonction de la demande, en prenant aussi en compte d'autres paramètres comme les jours fériés et la météo.

Mauvaise nouvelle pour les usagers, la SNCF prévoit de rendre payant l'échange de tous les billets. «Nous allons instaurer des frais sur l'échange des billets de TGV pour éviter que certaines places ne soient pas occupées, ce qui représente un manque à gagner», a expliqué Rachel Picard, directrice de SNCF Voyages. Ainsi, à partir de ce dimanche 1er mai, les échanges et les remboursements demandés moins de 30 jours avant le départ seront facturés 5 euros. Une retenue majorée de 40% du prix du billet dans le cas où la rétractation n'intervient que la veille ou le jour du départ. Au final, les frais pourront atteindre un montant maximum de 15 euros pour les TGV, 12 euros pour les trains Intercités à réservation obligatoire.

«Il existe en revanche des souplesses particulières pour les cartes», explique au Figaro Christophe Piednoel, directeur de l'information à la SNCF. En effet, les titulaires d'abonnements (Jeune, Week-end, Senior, Enfant +...) pourront bénéficier d'un échange ou remboursement gratuit jusqu'à deux jours avant le départ. En deçà, les frais qui leur seront adressés ne dépasseront pas les 5 euros.

Un taux de remplissage de 65%

Aujourd'hui, l'échange ou le remboursement d'un billet est gratuit jusqu'à la veille du départ (sauf pour les billets «prem's»), puis facturé 12 euros le jour du départ. En les rendant payants, la SNCF veut dissuader ses clients de bloquer plusieurs places à des dates ou des heures différentes avant de faire un choix définitif: «Certains usagers avaient l'habitude d'acheter plusieurs billets et se les faisaient rembourser ensuite», remarque Christophe Piednoel.

Le résultat de ces pratiques est que des TGV qui affichent complet trois jours avant partent finalement avec des sièges inoccupés: «On veut éviter de faire rouler des trains vides», souligne Christophe Piednoel. À ce jour, le taux d'occupation des TGV est de 65%, et n'est pas suffisamment rentable. «Notre objectif est de pouvoir libérer ces places en dernière minute et de les remettre à disposition», justifiait Rachel Picard. Impossible en revanche de savoir quel taux de remplissage sera atteint avec ces nouvelles dispositions. D'autant que SNCF Voyages rappelle que seulement 17 % des billets sont aujourd'hui échangés.

À terme, la SNCF assure mettre en vente des billets à petits prix plus longtemps. «La baisse des tarifs est notre objectif», précise Christophe Piednoel. Si le taux de remplissage des trains augmente, les recettes de la SNCF grimpent également. De quoi laisser une marge de manœuvre pour réajuster les prix: «Nous sommes en permanence en train d'ajuster l'offre commerciale. On a déjà lancé énormément de petits prix et multiplier les avantages», affirme le directeur de l'information SNCF.

Les nouvelles dispositions d'échange et de remboursement des billets n'ont toutefois pas été faciles à mettre en place. Lors de la présentation de sa première version, le nouveau dispositif n'avait guère enchanté la FNAUT, principale association d'usagers des transports. «Nous étions très mécontents, témoigne son président Bruno Gazeau au Figaro, nous avons fait valoir plusieurs demandes telles que l'application du dispositif uniquement aux réservations, la fixation du délai à un mois et non à trois, l'établissement de plafond...». Depuis, la SNCF a semble-t-il pris en compte les remarques de la FNAUT pour revoir sa copie: «Nous sommes plutôt satisfaits. D'autant que la SNCF s'est engagée dans une politique de prix bas qui comprend des conditions assez favorables pour tous les usagers», note Bruno Gazeau.

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