La reprise de l'abattoir Gad par Intermarché validée

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FEU VERT À LA REPRISE DE L'ABATTOIR GAD PAR INTERMARCHÉ
FEU VERT À LA REPRISE DE L'ABATTOIR GAD PAR INTERMARCHÉ

RENNES (Reuters) - Le tribunal de commerce de Rennes a retenu jeudi l'offre de reprise de l'abattoir Gad de Josselin (Morbihan) présentée par le groupe de distribution Intermarché, qui s'est engagé à maintenir 530 emplois en CDI sur 755.

Le président du tribunal a souligné que l'offre de la société SVA-Jean Rozé de Vitré (Ille-et-Vilaine), filiale du groupement des Mousquetaires, était la seule.

"C'est un tournant décisif dans ce dossier difficile, douloureux et significatif des difficultés de la filière porcine en Bretagne et de la filière agro-alimentaire en général en raison de la déréglementation du marché et de la concurrence extérieure", a t-il déclaré à l'audience.

Il a indiqué en outre que le groupe Intermarché allait proposer une centaine de postes de reclassement sur ses sites régionaux avant de "saluer une véritable restructuration de la filière porcine en Bretagne".

Intermarché prendra possession lundi de l'abattoir de Josselin, qui sera rebaptisé Josselin Porc Abattage (JPA) et bénéficiera d'un investissement pour sa modernisation de 20 millions d'euros en 2015.

"Dans un secteur en crise, nous avons la volonté de maintenir et de créer une filière en passant de 23.000 à 40.000 porcs abattus par semaine", a dit à l'issue de l'audience Dominique Langlois, président de SVA, dont le groupement possède déjà un abattoir de porcs à La Guerche de Bretagne (Ille-et-Vilaine).

MAINTENIR L'ELEVAGE EN BRETAGNE

"Il y a un marché international qui existe, on doit y être présent car la qualité de la production française est appréciée", a t-il ajouté, précisant que l'objectif d'Intermarché était de "redresser, moderniser l'entreprise et la rendre plus compétitive pour conquérir des parts de marché", tout en maintenant l'élevage en Bretagne.

"La reprise des activités de Gad SAS représente une nouvelle voie d'avenir pour Josselin. La SVA Jean Rozé présente un projet industriel de long terme assurant la pérennité du site et son développement", a dit la direction de Gad dans un communiqué.

Les représentants du personnel ont affiché quant à eux un sentiment partagé à l'issue de l'audience.

"On ne peut que se satisfaire d'une reprise de 530 salariés mais beaucoup sont sur le carreau quand même", a déclaré Patrick Piguel, délégué CFDT, qui a rappelé que la société Gad SAS, filiale du groupe légumier Cecab, comptait il y a un peu plus d'un an environ 2.000 emplois.

"L'entreprise est sauvée mais plein de choses restent en suspens", a t-il dit, évoquant un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) encore insatisfaisant et une organisation de l'activité qui reste à définir dans la nouvelle entité.

Le Groupe Cecab a confirmé pour sa part proposer 155 postes de reclassement au sein du groupe pour les personnes licenciées.

Les deux autres unités de Gad SAS demeurant en activité à Lampaul-Guimiliau (Finistère) et employant au total 71 personnes n'ont pu être reprises, faute de candidats, a par ailleurs dit le tribunal.

En février 2013, la société Gad SAS avait été placée en redressement judiciaire, entraînant la fermeture du site de Lampaul-Guimiliau et la suppression de quelque 900 postes dans le Finistère, en raison d'un fort endettement et de problèmes de trésorerie récurrents.

(Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse)

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