La relaxe de Pérol enterre la guerre de succession à la BPCE

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LA RELAXE DE PÉROL ENTERRE LA GUERRE DE SUCCESSION À LA BPCE
LA RELAXE DE PÉROL ENTERRE LA GUERRE DE SUCCESSION À LA BPCE

PARIS (Reuters) - La relaxe de François Pérol, poursuivi pour prise illégale d'intérêts, met un terme, au moins temporairement, à la guerre de succession qui s'était engagée dans les coulisses du groupe mutualiste BPCE pour remplacer le président du directoire en cas de condamnation.

L'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée auprès de Nicolas Sarkozy était soupçonné d'avoir pris la tête de BPCE, maison mère de la banque Natixis, après avoir été associé "de manière étroite" aux négociations menant au rapprochement des Banques populaires et des Caisses d'épargne.

"Cela clôt cet épisode, cela va faire beaucoup de frustrés", estime Régis Dos Santos, président du Syndicat national de la banque et du crédit. Une source au fait des rapports de pouvoir au sein de BPCE estime que "même en cas d'appel du parquet, la fin du mandat de Pérol (en 2016) ne sera pas perturbé".

La perspective d'un départ du patron du groupe, étranger aux rivalités historiques entre les dirigeants des Caisses d'épargne et ceux des Banques populaires, avait déclenché une lutte d'influence, principalement autour de deux candidats, qui ne se sont par ailleurs jamais officiellement déclarés.

Olivier Klein, directeur général de Bred Banque Populaire, était le plus cité pour reprendre les rênes d'un groupe né en 2009 en pleine crise financière pour sauver, avec l'aide de l'Etat, la banque d'affaires Natixis de la faillite.

Certains dirigeants de BPCE espéraient qu'à travers la personne d'Olivier Klein les mutualistes pourraient retrouver une part du contrôle qui leur avait échappé lors de l'arrivée de François Pérol à la tête du groupe.

Il aurait apporté, arguent ses défenseurs, une caution "mutualiste" aux dirigeants des caisses régionales du groupe face notamment à Laurent Mignon, directeur général de Natixis, dont le parcours en banque d'affaires contraste avec celui des patrons des banques de détail régionales.

Des informations de presse donnant l'ancien banquier de BNP Paribas François Villeroy de Galhau comme possible remplaçant de François Pérol avaient aussi suscité en interne des craintes "de parachutage". Ce banquier classé à gauche a finalement été retenu par François Hollande pour occuper le poste de gouverneur de la Banque de France.

D'autres noms extérieurs à BPCE avaient circulé, notamment celui de Philippe Wahl, le patron de la Poste.

En interne, des organisations syndicales souhaitent que le jugement rendu jeudi permette au groupe de tourner la page.

"La CFDT souhaite qu’après six ans de procédure, ce jugement mette un terme au long parcours judiciaire, qui a fortement déstabilisé la gouvernance du groupe BPCE", a ainsi déclaré l'organisation syndicale dans un communiqué.

(Julien Ponthus, édité par Dominique Rodriguez)

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