La réforme de l'immigration devant le Parlement danois

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LES DÉPUTÉS DANOIS EXAMINENT LA RÉFORME DE L'IMMIGRATION
LES DÉPUTÉS DANOIS EXAMINENT LA RÉFORME DE L'IMMIGRATION

COPENHAGUE (Reuters) - Les députés danois doivent adopter ce mardi un projet de loi sur l'immigration visant à dissuader les réfugiés de demander l'asile, dont une confiscation de leurs biens dépassant les 10.000 couronnes danoises (1.340 euros) pour participer au financement de leur séjour.

Le projet prévoit aussi de repousser à trois ans le délai préalable au regroupement familial.

L'an passé, le Danemark a enregistré l'arrivée de 20.000 réfugiés, du jamais vu dans l'histoire du pays.

Le texte présenté par le gouvernement de centre droit de Lars Løkke Rasmussen autorise les pouvoirs publics à saisir les avoirs des réfugiés au-delà de 10.000 couronnes danoises (1.340 euros). Les objets à forte valeur sentimentale, comme les alliances, sont exclus du champ d'application de cette disposition très controversée.

La version initiale du projet fixait le seuil à 3.000 couronnes. Face aux critiques des organisations de défense des droits de l'homme et d'agences internationales dont le HCR, le gouvernement l'a relevé.

Le Parti libéral, qui a remporté les élections législatives de juin, ne dispose que de 34 sièges sur les 179 du Parlement. Mais il devrait obtenir le soutien de divers partis de droite dont le Parti populaire danois (DF), une formation xénophobe, ainsi que des sociaux-démocrates (opposition), dont la plupart des députés devraient voter en faveur de la réforme.

Le Danemark n'est pas le seul pays à vouloir appliquer cette disposition: la Suisse a commencé à prélever les avoirs des réfugiés au-delà d'un seuil de 1.000 francs suisses (900 euros). Dans le land allemand du Bade-Wurtemberg, la limite est fixée à 350 euros.

L'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a critiqué ces confiscations que le nouveau Haut Commissaire, le diplomate italien Filippo Grandi, qualifie d'"affront à la dignité" des réfugiés et de "réponse profondément préoccupante à leurs besoins humanitaires".

Le Conseil de l'Europe a également fait part de son inquiétude.

"La plupart (des réfugiés) ont tout perdu et pourtant cette loi semble dire que les quelques réfugiés qui ont eu la chance de survivre au voyage vers le Danemark avec leurs derniers biens n'ont pas assez perdu", s'est émue la semaine dernière la présidente de la commission des Droits de l'homme de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la Portugaise Isabel Santos.

"Ce n'est certainement pas le Danemark tel que je le connais", a-t-elle ajouté, appelant les députés danois à un "examen de conscience".

(Alexander Tange avec Annabella Pultz; Henri-Pierre André pour le service français)

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