La réaction du gouvernement face aux violences critiquée

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LE GOUVERNEMENT CRITIQUÉ FACE AUX VIOLENCES EN MARGE DES MANIFESTATIONS CONTRE LA LOI TRAVAIL
LE GOUVERNEMENT CRITIQUÉ FACE AUX VIOLENCES EN MARGE DES MANIFESTATIONS CONTRE LA LOI TRAVAIL

PARIS (Reuters) - Des responsables de gauche ont pointé jeudi la responsabilité du gouvernement dans les violences et les tensions qui émaillent les manifestations contre la loi Travail depuis deux mois.

Les syndicats opposés au texte du gouvernement dénoncent des violences policières tandis que les policiers s'indignent d'une "stigmatisation", en particulier d'une affiche de la CGT contre la "répression policière".

Le syndicat de police Alliance, rejoint par d'autres organisations, a appelé à une journée de manifestations partout en France le 18 mai pour dénoncer un sentiment de défiance à l'égard des forces de l'ordre, qualifié de "haine anti-flic".

"Le gouvernement plante les graines de ces violences", a estimé sur France info David Cormand, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Vert (EELV), tout en condamnant "clairement les violences d'où qu'elles viennent".

"Quand un mouvement social démarre, le rôle du gouvernement n'est pas seulement d'envoyer la police", a-t-il dit, soulignant que la seule réponse donnée aux manifestants était "un cordon sanitaire de policiers".

"J'ai l'impression qu'on a aussi envie d'organiser ce type de conflit frontal alors qu'il y a d'autres façons de régler le problème", a ajouté David Cormand.

Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste, a accusé les autorités de jouer la stratégie de la tension pour essayer de discréditer le mouvement social.

"Je suis très étonné des consignes qui sont données pour organiser une sorte de tension dans les manifestations", a-t-il déclaré sur Europe 1.

"Je pense que c'est une volonté d'essayer de montrer du doigt le mouvement parce que le gouvernement est isolé" sur la loi Travail, a-t-il estimé.

Pierre Laurent a souligné que "le même scénario" se répétait "depuis le début de la mobilisation sur la loi El Khomri."

Jean-Claude Delage, le secrétaire général d'Alliance, s'est également interrogé sur les consignes données par le gouvernement, estimant que le délai d'intervention des forces de l'ordre face aux casseurs était trop long.

"L'Etat doit prendre ses responsabilités, ne pas nous laisser attendre des heures face à des casseurs identifiés", a-t-il dit sur France info.

"Lorsque vous voyez des casseurs détruire les vitrines, saccager des panneaux publicitaires, se servir des tubes néons à l'intérieur pour attaquer les forces de l'ordre et que des policiers mobilisés sont en face d'eux et qu'ils doivent attendre une heure en face d'eux pour intervenir (…) on se demande bien pourquoi​", a-t-il ajouté.

(Gérard Bon)

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  • g.joly1 il y a 7 mois

    "Frapper un manifestant à terre, c'est se frapper soi-même" (Préfet de police Grimaud en 1968)