La possibilité d'un remboursement des navires Mistral évoquée

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LA POSSIBILITÉ D'UN REMBOURSEMENT DES NAVIRES MISTRAL ÉVOQUÉE
LA POSSIBILITÉ D'UN REMBOURSEMENT DES NAVIRES MISTRAL ÉVOQUÉE

PARIS (Reuters) - François Hollande a évoqué mercredi pour la première fois un possible remboursement des deux navires de guerre Mistral en cas de non-livraison à la Russie, à deux jours d'une rencontre avec son homologue russe, Vladimir Poutine.

Le délicat sujet, lié à la crise dans l'est de l'Urkaine, est au menu des discussions entre les deux dirigeants prévues vendredi à Erevan, en marge des cérémonies du centenaire du génocide arménien.

"Sur le Mistral, nous évoquerons toutes les hypothèses", a déclaré mercredi le président français lors d'une conférence de presse à Paris avec son homologue ukrainien Petro Porochenko. "Et pour l'instant je l'ai dit, la livraison des Mistral n'est pas, dans le contexte que nous connaissons, possible".

"Si les bateaux ne sont pas livrés, je ne vois pas comment ils peuvent être payés, c'est un principe assez simple (...) Selon les différentes hypothèses, vous aurez paiement ou remboursement", a-t-il ajouté.

Conclue en 2011, la vente à la Russie de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) est évaluée à 1,2 milliard d'euros.

La livraison du Vladivostok, le premier des deux BPC construits à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a été suspendue pour une durée indéterminée par la France l'an dernier en raison du rôle de Moscou dans la crise ukrainienne.

Le deuxième BPC, baptisé Sébastopol, du nom de la ville de Crimée où est basée la flotte russe de la mer Noire, devait quant à lui être livré fin 2015 à la Russie.

Sur ce dossier qui empoisonne leurs relations depuis des mois, Paris et Moscou tentent de trouver "une solution de sortie de crise", a déclaré dimanche François Hollande sur Canal Plus.

PAS DE PÉNALITÉS

Mi-avril, Vladimir Poutine a fait savoir que la Russie entendait être remboursée des sommes déjà versées dans le cadre de ce contrat tout en précisant qu'elle n'imposerait pas de pénalités à la France.

Selon une source diplomatique française proche des négociations, le contrat Mistral se trouve désormais "dans les mains des avocats" qui tentent de trouver une issue acceptable pour les deux parties.

La France est soumise à la pression de partenaires occidentaux comme la Pologne et les Etats-Unis pour renoncer à cette vente vue d'un mauvais oeil par les voisins de la Russie, inquiets de l'engagement de cette dernière en Ukraine.

Le ministre polonais de la Défense, Tomasz Siemoniak, a notamment déclaré en janvier qu'il "comptait" sur la France pour annuler le contrat.

Selon une source diplomatique française, la fermeté adoptée par Paris lui a permis de remporter un marché public d'hélicoptères en Pologne.

Une information démentie à Varsovie comme à Paris, où un responsable du ministère de la Défense a toutefois indiqué que la Pologne avait observé avec attention la décision de la France de suspendre la livraison.

(Elizabeth Pineau, avec Marine Pennetier et le bureau de Moscou, édité par)

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