La police mérite le respect, pas le mépris, dit Obama à Dallas

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OBAMA REND HOMMAGE AUX CINQ POLICIERS DE DALLAS
OBAMA REND HOMMAGE AUX CINQ POLICIERS DE DALLAS

par Jon Herskovitz et Jeff Mason

DALLAS (Reuters) - Barack Obama a rendu hommage mardi à la police de Dallas, dont cinq hommes ont été tués la semaine dernière par un ancien réserviste noir à l'issue d'une manifestation contre les violences des forces de l'ordre à l'encontre des minorités.

"Nous savons que la très grande majorité des agents de police accomplissent un travail incroyablement dangereux et difficile avec équité et professionnalisme. Ils méritent notre respect, pas notre mépris.

"Et, quand quelqu'un, même bien intentionné, taxe tous les policiers de partialité ou de sectarisme, nous nuisons à ces agents dont dépend notre sécurité", a déclaré le président des Etats-Unis lors d'une cérémonie organisée au Morton H. Meyerson Symphony Center où, symboliquement, cinq chaises sont restées vides.

Lors des négociations avec les unités d'intervention jeudi dernier, le tireur nommé Micah Johnson, qui était âgé de 25 ans, a dit vouloir "tuer des blancs", avant d'être lui-même tué par un robot porteur d'explosifs.

Il a ouvert le feu à la fin d'un défilé organisé pour dénoncer la mort de deux noirs, tués par la police à Bâton-Rouge, en Louisiane, et dans la banlieue de Saint-Paul, dans le Minnesota. Outre les cinq tués, neuf policiers et deux civils ont été blessés.

"Sans votre action, ceux que nous pleurons aujourd'hui seraient plus nombreux", a poursuivi Barack Obama devant une foule de plusieurs centaines de personnes, où de nombreux uniformes étaient visibles.

"Même si la manifestation portait sur l'attitude de la police, même s'il y avait des slogans ou des chants avec lesquels ils étaient en profond désaccord, ces hommes et ce service ont fait leur travail avec leur professionnalisme habituel."

GEORGE W. BUSH PLAIDE POUR "L'UNITÉ DE L'ESPOIR"

Son prédécesseur George W. Bush s'est également exprimé lors de cette cérémonie. "Les forces qui nous divisent semblent parfois plus fortes que celles qui nous unissent. Les querelles tournent trop facilement à l'animosité. Nous ne voulons pas l'unité des reproches, ni celle de la peur. Nous voulons l'unité de l'espoir, de l'affection et des grandes ambitions", a-t-il déclaré.

Barack Obama, qui a écourté un voyage en Europe après cette tuerie, devait ensuite s'entretenir avec les proches des agents tués et avec des blessés.

Comme après la plupart des fusillades qui ont défrayé la chronique pendant ses deux mandats, le président a de nouveau plaidé pour une réforme de la législation sur les ventes d'armes.

Un débat sur le sujet s'est ouvert au Sénat après la tuerie d'Orlando, qui a fait 49 morts le 12 juin et dont le bilan était sans précédent aux Etats-Unis, mais il est jusqu'ici resté stérile du fait des divergences entre démocrates et républicains.

Mercredi, Barack Obama doit évoquer les moyens de rétablir la confiance entre les communautés et la police avec des élus et des représentants des mouvements de défense des droits civiques.

"Mon coeur est lourd. Je n'en peux plus de voir mes frères et mes soeurs se faire tuer, mais la police ne mérite pas ça. Je prie pour qu'Obama nous ramène un peu de paix", a déclaré Sharice Williams, venue de Waco pour assister à la cérémonie de Dallas.

(Avec Lisa Maria Garza, Ayesha Rascoe, Richard Cowan et Julia Edwards,; Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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