"La pédophilie du père Preynat, une sorte de secret de famille"

le , mis à jour le
0
Dans Histoire d?un silence (Seuil), Isabelle de Gaulmyn, aujourd'hui rédactrice en chef à La Croix, reconnaît qu'elle savait pour l'affaire Preynat, mais plaide la culpabilité collective. 
Dans Histoire d?un silence (Seuil), Isabelle de Gaulmyn, aujourd'hui rédactrice en chef à La Croix, reconnaît qu'elle savait pour l'affaire Preynat, mais plaide la culpabilité collective. 

Avec Histoire d'un silence (Seuil), la journaliste Isabelle de Gaulmyn livre un document-choc racontant de l'intérieur l'affaire Preynat, ce prêtre lyonnais mis en cause dans plusieurs dossiers de pédophilie, et que l'auteur, Lyonnaise d'origine aujourd'hui rédactrice en chef à La Croix, a très bien connu.

Dans quelles circonstances avez-vous côtoyé le père Preynat ?

Isabelle de Gaulmyn : Je suis née à Sainte-Foy-lès-Lyon, et j'ai été scoute ? comme mes trois frères ? pendant quatre ans, à la fin des années 70, dans la troupe de Saint-Luc, dont le père Preynat était l'aumônier. Il avait beaucoup de charisme. C'était un prêtre classique, super organisateur, plutôt autoritaire, mais fort apprécié des parents, qu'il arrivait très bien à mobiliser.

À l'époque, pouvait-on déjà penser qu'il commettait des agressions pédophiles ?

Tout le monde le savait, même de manière implicite. C'est pourquoi je suis convaincue d'une culpabilité collective sur cette affaire. Quand un prêtre me l'a avoué, en 2005, cela n'a pas surpris la petite fille qui est en moi. Je me suis souvenue que le père Preynat n'aimait pas les filles. On se le disait entre nous : « Il nous fiche une paix royale, car il est toujours fourré avec les garçons. » Des parents s'en étaient...

Lire la suite sur Le Point.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant