La montée des eaux menace la plus célèbre plage de Bora Bora

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PAPEETE - La plage de sable blanc de la pointe Matira, sur Bora Bora, en Polynésie française, est menacée par la montée des eaux liée au réchauffement climatique, se désolent des habitants de l'île, qui se sont confiés au quotidien La Dépêche de Tahiti.

Les épisodes de forte houle se multiplient autour de cette île surnommée la "perle du Pacifique Sud". Or la plage de Matira est cernée de constructions, à l'origine éloignées du rivage.

Chaque épisode grignote un peu plus le sable, au point que l'avancée permanente de la mer menace aujourd'hui les fondations de certaines maisons.

Le propriétaire de la pension de famille la plus réputée de Matira, Nono Levert, a ainsi annoncé à La Dépêche qu'il avait décidé de fermer son établissement à la fin de l'année.

En début de semaine, une très forte houle a balayé pendant trois jours les îles de la Société, Tahiti comme Bora Bora.

Mais alors que ce type de phénomène était exceptionnel et se produisait une ou deux fois par an au maximum il y a quelques années, cela fait déjà une demi-douzaine de fois en 2015 que la houle vient lécher les habitations de la pointe Matira et inonde complètement la plage si appréciée des touristes.

Certains de ces derniers ont même assisté, impuissants, à la destruction de la terrasse de leurs bungalows sous les coups de boutoir de l'océan.

"C'est fini, je jette l'éponge", a expliqué Nono Levert au quotidien local. "La montée des eaux est un fait et on ne peut rien faire contre la nature. Ma pension sera fermée à la fin de cette année. Les investissements à réaliser pour sa sauvegarde sont trop importants au regard de l'activité."

"Si j'avais à reconstruire aujourd'hui, je le ferai en montagne, plus en bord de mer", conclut-il, fataliste, désolé de ne pas pouvoir transmettre à ses enfants cette pension réputée qu'il dirigeait depuis de nombreuses années.

D'autres riverains disent avoir dû aller chercher des pierres en montagne pour établir un enrochement susceptible de les protéger des vagues.

Pour l'un d'eux, il n'y a que deux solutions : "Créer des enrochements individuels très coûteux ou surélever les maisons, ce qui est difficilement envisageable".

Si l'on ne parle pas encore de réfugiés climatiques en Polynésie française, la fermeture de la pension "Chez Nono" marque une étape importante dans la lutte entre la population des îles polynésiennes et l'océan Pacifique.

Le sort des îles menacées un peu partout dans le monde par la montée des eaux due au réchauffement climatique est un des enjeux de la conférence sur le climat, la COP21, qui se tiendra en décembre à Paris sous l'égide de l'Onu.

(Daniel Pardon, édité par Emmanuel Jarry)

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