"La moindre des politesses, c?est d?écrire comme tout le monde"

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Jean-Louis Fournier, auteur de la Grammaire impertinente, chez lui à Paris, le 10 juin 2015.
Jean-Louis Fournier, auteur de la Grammaire impertinente, chez lui à Paris, le 10 juin 2015.

Le Point.fr : Faut-il souffrir pour apprendre ?

Jean-Louis Fournier : Mon père, qui était médecin, avait pour habitude de dire "plus un médicament est mauvais, plus il sera bon pour la santé". En classe, c?était l?application stricte de ce principe. J?ai passé des heures abominables à suivre les enseignements dispensés par des curés d?Arras qui - eux aussi - étaient convaincus qu?il fallait souffrir pour bien apprendre. À la vérité, je pense exactement l?inverse. Les gamins devraient pleurer en partant en vacances. C?est ce qui m?a poussé à écrire la méthode de grammaire que j?aurais rêvé d?avoir étant gosse. Dans une méthode classique, les exemples sont profondément ennuyeux. Pas dans la mienne. Je vous promets que lorsqu?un gamin conjugue le verbe "péter", il s?en souvient beaucoup plus facilement que du verbe "aimer", qu?il aura tout le temps d?apprendre à conjuguer plus tard. Prenez la leçon sur le complément de lieu : dans la phrase "La biche a vomi dans l?étang que le soleil couchant empourpre". Où la biche a-t-elle vomi ? Dans l?étang. L?étang est donc le complément de lieu. C?est plus simple comme ça, non ?

Faut-il réformer l?orthographe pour ne pas pénaliser certaines catégories de la population ?

Oh non. Il faut vivre avec la difficulté. C?est quand même la moindre des...

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