La "guerre de civilisation" de Manuel Valls réjouit la droite

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MANUEL VALLS ÉVOQUE UNE "GUERRE DE CIVILISATION", LA DROITE IRONISE
MANUEL VALLS ÉVOQUE UNE "GUERRE DE CIVILISATION", LA DROITE IRONISE

PARIS (Reuters) - La droite a ironisé dimanche sur l'emploi par Manuel Valls de l'expression "guerre de civilisation" au sujet de la lutte contre le terrorisme, alors que des voix à gauche mais aussi au Front national s'élevaient contre cette idée.

Le Premier ministre, qui s'était refusé jusqu'à présent à utiliser ces termes, a estimé dimanche que la lutte contre le djihadisme dans le monde était "une guerre de civilisation".

"C'est nos valeurs, notre société, nos civilisations que nous défendons", a-t-il dit, après avoir pris soin de souligner que l'Etat islamique ne visait pas uniquement l'Occident et rappelé "que les premières victimes de Daech dans le monde, ce sont les musulmans".

"La bataille se situe aussi au sein de l'islam, entre d'un côté un islam aux valeurs humanistes, universelles, et de l'autre un islam obscurantiste, totalitaire", avait-il encore dit, citant aussi les attentats commis vendredi au Koweït et en Tunisie.

Une partie de la droite y a toutefois vu une conversion de Manuel Valls à la rhétorique utilisée notamment par Nicolas Sarkozy qui, après les attentats de janvier en France, avait estimé que "la guerre [avait] été déclarée à la civilisation".

L'ancien chef de l'Etat a réitéré ce jugement vendredi après l'attentat mené à Saint-Quentin Fallavier, en Isère.

Dans un communiqué, le député Les Républicains Eric Ciotti juge que la gauche "semble enfin faire preuve de lucidité en reconnaissant que notre pays est désormais engagé dans ce qu'il faut bien appeler une guerre de civilisation".

"Nous prenons acte de cette prise de conscience en dépit des postures morales bien vaines et politiciennes qui s'étaient manifestées lorsque Nicolas Sarkozy avait ainsi caractérisé le combat se déroulant désormais aussi sur le sol français", poursuit-il.

"DISCOURS BUSHISTE"

Christian Estrosi, maire de Nice et partisan de Nicolas Sarkozy, estime pour sa part que "Manuel Valls se perd".

"La guerre de civilisation, OUI, je l'ai déjà dit. Mais du Premier ministre nous attendons des actes, plus des mots", écrit sur son compte Twitter celui a récemment provoqué un tollé dans la classe politique en parlant de "cinquième colonne" à l'oeuvre en France.

Au centre et à gauche, tous les responsables politiques n'ont pas eu a même appréciation des propos du Premier ministre.

Si le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis l'a défendu en écrivant sur Twitter "les fanatiques de l'islam veulent la guerre de civilisations. Nous voulons la coexistence pacifique des civilisations", d'autres ont contesté.

"Il n'y a pas de 'guerre de civilisation'. Je ne partage pas cette vision héritée de Georges W. Bush", dit le député PS Pascal Cherki, classé à gauche du parti, rejoint par Ian Brossat, adjoint communiste à la maire de Paris :

"Et voilà Valls qui entonne le refrain de la "guerre de civilisation". Je ne savais pas que Bush fils était devenu plume de Matignon...", a-t-il observé.

Le Front national a repris cette référence à la présidence de George W. Bush aux Etats-Unis par la voix de son vice-président Florian Philippot. "Parler de guerre de civilisations, c'est le discours bushiste qui a mené à la catastrophique guerre d'Irak", a-t-il dit sur France 3.

François Bayrou, maire de Pau et ancien candidat à l'élection présidentielle, a jugé sur TF1 qu'il n'y avait pas de "guerre de civilisation". "C'est une guerre de la barbarie contre la civilisation", a-t-il ajouté.

(Gregory Blachier)

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  • CHANOMAR le dimanche 28 juin 2015 à 19:05

    Pourquoi je n ai pas compris ils ont fait quelque chose contre le terroriste ils ont fermées des mosquées comme en Tunisie ils ont interdit aux Djihadistes de revenir en France il ont fait des lois pour y a t il une journée que je n ai pas lu la presse et qu ils ont fais quelque chose seulement des militaires pour garder les mosquées et les écoles