La Grèce souligne ses "lignes rouges"

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LA GRÈCE SOULIGNE SES "LIGNES ROUGES"
LA GRÈCE SOULIGNE SES "LIGNES ROUGES"

par Renee Maltezou et Alastair Macdonald

ATHENES/BRUXELLES (Reuters) - La Grèce a réaffirmé ses positions jeudi face à ses créanciers internationaux en soulignant que ses "lignes rouges" sur le marché du travail et les retraites n'étaient pas négociables et en demandant à l'Union européenne et au FMI de faire eux aussi des concessions.

Alors que les discussions entre Athènes et Bruxelles portent notamment sur ces dossiers hautement sensibles, un porte-parole du gouvernement grec a déclaré que les créanciers ne devaient pas s'attendre à voir son pays assumer seul les efforts nécessaires à un accord.

"Les 'institutions' ne doivent pas s'attendre à ce que le gouvernement cède sur tout", a déclaré Gabriel Sakellaridis lors d'une conférence de presse. "Lorsqu'on négocie, il doit y avoir des concessions mutuelles."

A titre d'exemple, a-t-il dit, Athènes n'insiste pas sur la question d'un allégement de sa dette dans ses discussions avec ses partenaires et ce, afin de faciliter un accord.

"Nous ne franchirons pas nos lignes rouges", a-t-il toutefois ajouté, soulignant : "Il est clair que nous ne pouvons pas réduire les pensions de retraite."

Athènes risque d'être à court de liquidités dans quelques semaines, voire quelques jours en l'absence d'accord avec les "institutions" (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) à temps pour qu'il puisse être validé lundi lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.

DISCUSSIONS CE WEEK-END

Gabriel Sakellaridis a exprimé l'espoir que cet Eurogroupe prenne acte des progrès des discussions dans un communiqué commun, ce qui permettrait à la BCE d'autoriser Athènes à augmenter ses émissions de bons du Trésor, souscrites pour l'essentiel par les banques helléniques.

Un tel desserrement des contraintes imposées par la banque centrale éloignerait le risque d'un défaut en permettant notamment à l'Etat grec d'honorer l'échéance de 750 millions d'euros de prêt du FMI le 12 mai, puis de payer les traitements des fonctionnaires et les pensions de retraite à la fin du mois.

Mais, de sources proches des discussions, on juge peu probable que la BCE entreprenne une telle démarche sans un feu vert appuyé des ministres de l'Eurogroupe. "Nous en sommes aussi loin que possible en l'état actuel des choses", a dit un responsable proche des pourparlers.

La BCE continue de fournir des liquidités aux banques grecques (elle a encore relevé leur plafond mercredi) mais elle pourrait durcir le ton d'ici deux semaines, précisent des sources.

Les discussions "techniques" de Bruxelles, qui se poursuivront tout le week-end, a annoncé la Commission, se doublent de négociations politiques.

SEULE DATE BUTOIR LE 30 JUIN

Le président de l'exécutif communautaire, Jean-Claude Juncker, s'est entretenu au téléphone jeudi avec le président de la BCE, Mario Draghi, et devait faire de même avec le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Interrogé sur le risque d'un défaut et d'une sortie de la Grèce de la zone euro, Jean-Claude Juncker a répondu : "Si je devais dire que le 'Grexit' est une option, que croyez-vous qu'il se passerait sur les marchés financiers ?"

La Bourse d'Athènes gagnait plus de 3,5% jeudi après-midi.

Alexis Tsipras a par ailleurs eu un entretien téléphonique avec le président russe, Vladimir Poutine, ont annoncé ses services sans plus de précision.

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a dit pour sa part ne pas s'attendre à un accord lundi, mais dans les jours suivants.

Quant à Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, il a estimé dans un entretien au Monde que "politiquement parlant, la seule 'deadline', c'est celle de fin juin, quand le deuxième plan d'aide se terminera" avant d'ajouter qu'"il pourrait y avoir aussi une date butoir si le problème de liquidités devenait trop important à Athènes".

"Il est dans notre intérêt commun d'éviter d'en arriver là. Nous ne voulons pas d'un accord sous la contrainte", a-t-il dit.

Son homologue grec, Yanis Varoufakis, écarté de fait des pourparlers par la refonte de l'équipe de négociation grecque lundi, a dit s'attendre dans les prochains jours ou les prochaines semaines à un accord incluant les privatisations, la réforme du système de retraite, celle de la justice et la TVA.

(avec Angeliki Koutantou et Deepa Babington à Athènes, Tom Koekermeier et Jan Strupczewski à Bruxelles, Yann Le Guernigou à Paris; Henri-Pierre André et Marc Angrand pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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  • mlcbnb le jeudi 7 mai 2015 à 17:01

    selon le Guardian, un accord serait proche selon le Ministre des Finances grec, c'est-à-dire dans les jours ou semaines à venir. L'avenir dira si c'est vrai ou non. Perso je ne crois pas à un deal, mais plus à la BCE qui va racheter massivement des emprunts d'états pour sauver l'euro. Très mauvais signal pour le reste du monde

  • mlcbnb le jeudi 7 mai 2015 à 16:34

    la grèce veut un abandon pur et simple de sa dette.Elle fait une pression sur ses créanciers, en leur faisant bien comprendre qu'elle ne remboursera pas. Il est vrai qu'aucun état ne remboursera ses emprunts au privé. Les emprunts grecs vont devenir bientôt les emprunts russes de 1918. Les banques allemandes vont déguster le non remboursement des dettes grecques. Les retraits d'euro des banques grecques va sans doute encore s'accélérer

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