La Grèce se défend de toute intransigeance dans les négociations

le , mis à jour à 17:28
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PARIS (Reuters) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, se défend, dans une tribune publiée dimanche, de toute intransigeance dans les négociations avec les créanciers d'Athènes et dénonce l'"obsession" de certaines institutions qui proposent des solutions selon lui "déraisonnables".

La Grèce et ses créanciers (Fonds monétaire international, Commission européenne et Banque centrale européenne) tentent depuis des mois de trouver un compromis permettant à Athènes d'obtenir le versement de plusieurs milliards d'euros d'aide en échange de réformes structurelles. La Grèce risque de se retrouver en situation de défaut de paiement dans les semaines qui viennent sans l'apport financier d'un plan d'aide qui prend fin le 30 juin.

"Si nous ne sommes pas encore arrivés à un accord avec nos partenaires, ce n'est pas à cause de notre intransigeance ni à cause de positions incompréhensibles du côté grec", souligne le chef du gouvernement dans une tribune publiée sur le site internet du Monde.

"Cela serait plutôt à cause de l'obsession de certains représentants institutionnels qui insistent sur des solutions déraisonnables en se montrant indifférents à l'égard du résultat démocratique des récentes élections législatives en Grèce et de la reconnaissance publique par les institutions européennes et internationales qui se disent prêtes à faire preuve de flexibilité pour respecter le verdict des urnes", ajoute-t-il.

Ces représentants institutionnels tentent ainsi de couvrir l'échec de leur programme et obtenir "une auto-confirmation de quelque genre", estime le Premier ministre grec.

Alexis Tsipras, dont le mouvement Syriza (gauche radicale) est arrivé au pouvoir en janvier, devait participer dimanche à une téléconférence avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, la deuxième en quatre jours.

Dans sa tribune, il juge "plus mûr et plus nécessaire que jamais" la conclusion d'un accord "mutuellement bénéfique, qui fixera des objectifs réalistes par rapport aux excédents tout en réintroduisant l'agenda du développement et des investissements".

Il met par ailleurs en garde contre une stratégie de division de la zone euro et une formation d'une "zone euro à deux vitesses où le noyau central imposerait les règles dures d'austérité et d'ajustement".

Ses propos font suite aux déclarations des ministres français et allemand de l'Economie, Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel, qui ont prôné tous les deux cette semaine la mise en place d'une "avant-garde de la zone euro".

Cette stratégie "comporte de grands risques et ceux qui la soutiennent ne semblent pas en tenir compte", estime Alexis Tsipras, car elle "transforme la zone euro d'union monétaire en simple zone de taux d'échange et elle inaugure un processus d'incertitude économique et politique."

(Marine Pennetier, édité par Guy Kerivel)

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