La Grèce a rendu sa copie, bon point de départ selon Bruxelles

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LA GRÈCE A TRANSMIS À SES PARTENAIRES SON PLAN DE RÉFORMES ÉCONOMIQUES
LA GRÈCE A TRANSMIS À SES PARTENAIRES SON PLAN DE RÉFORMES ÉCONOMIQUES

par Robert-Jan Bartunek

BRUXELLES (Reuters) - Le gouvernement grec a communiqué dans la nuit de lundi à mardi la liste de ses projets de réformes économiques en échange d'une prolongation du programme d'aide financière de ses partenaires, a-t-on appris mardi auprès d'une source européenne.

"Du point de vue de la Commission, cette liste est suffisamment complète pour constituer un bon point de départ en vue d'une conclusion fructueuse de son examen", a ajouté cette source. "Nous sommes notamment encouragés par l'engagement fort à combattre l'évasion fiscale et la corruption."

Cette liste, précise-t-on, a été transmise vers minuit à l'Eurogroupe, à la BCE, au FMI et à la Commission européenne. Elle va à présent être examinée par les ministres des Finances des pays de la zone euro lors d'une téléconférence annoncée pour ce mardi après-midi.

Conformément au compromis négocié in extremis vendredi soir entre la Grèce et ses partenaires de l'Eurogroupe, elle est une condition indispensable à une nouvelle extension de quatre mois du programme d'aide financière, qui écarte le risque d'une cessation de paiement.

Sur Twitter, le porte-parole de la Commission a précisé qu'elle avait été transmise "dans les temps".

La liste préparée par le ministère grec des Finances conjugue les promesses de campagne de Syriza, le parti de la gauche radicale dirigée par Alexis Tsipras, et les exigences des partenaires d'Athènes.

Le nouveau Premier ministre a été élu fin janvier sur l'engagement d'en finir avec les politiques d'austérité. Selon un haut responsable grec, la liste de ces engagements intègre des mesures pour lutter contre la "crise humanitaire" de la Grèce, pour régulariser les arriérés fiscaux et prêts insolvables et pour mettre fin aux saisies de logements.

Elle doit aussi comporter des réformes structurelles visant à lutter contre l'évasion fiscale et la corruption, à restructurer le secteur public et à réduire la bureaucratie.

L'Allemagne, principale contributrice des deux plans d'aide accordés depuis en mai 2010 et octobre 2011 à la Grèce et d'un montant cumulé de 240 milliards d'euros, a prévenu que toute dépense supplémentaire qui figurerait sur la liste dressée par Athènes devra être compensée par des économies ou par une hausse des impôts.

Mais l'accord conclu vendredi soir par la Grèce a également placé Tsipras dans une situation politique délicate vis-à-vis de son électorat.

Le chef de file du parti anti-austérité avait promis de mettre fin à la coopération avec la "troïka", le trio réunissant Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international. "Remplacer l'expression 'troïka' par 'institutions', le plan d'aide par 'accord' et les créanciers par 'partenaires' ne change rien à la situation", a dénoncé sur son blog le député européen Manolis Glezos, élu de Syriza et figure historique de la résistance lors de la Deuxième Guerre mondiale. "Je présente mes excuses au peuple grec parce que j'ai pris part à cette mascarade", poursuit-il.

(Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français)

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